T3 2022 | Le point sur les marchés

26 octobre 2022

Les marchés terminent leur tour de montagnes russes par une chute et les banques centrales s’engagent à garder les taux hauts plus longtemps

Opinions au 30 septembre 2022

Faits saillants

  • Partout dans le monde, les banques centrales augmentent leurs taux d’intérêt pour modérer la demande.
  • L’inflation demeure très élevée, bien au-delà de la cible de 2 % de la Fed.
  • Après une reprise au début du trimestre, les marchés avaient commencé à ne plus tenir compte du changement d’approche de la Fed. Par conséquent, ils ont chuté.
  • Le risque d’une récession est maintenant plus sérieux.
  • Les marchés des actions ont baissé fortement. En effet, les indices S&P 500 et NASDAQ ont chuté de 24 % et de 32 %, respectivement, au cours de la période de 9 mois qui a pris fin en septembre 2022.
  • À la fin de septembre, le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans avait grimpé de 3,83 % tandis que celui des obligations du Trésor américain à 2 ans a terminé le trimestre à 4,2 %. 

Les marchés terminent leur tour de montagnes russes par une chute et les banques centrales s’engagent à garder les taux hauts plus longtemps

Les marchés financiers mondiaux ont affiché des pertes soutenues au troisième trimestre. Une vente massive a eu lieu sur tous les marchés. L’intervention d’un grand nombre de banques centrales, qui ont augmenté les taux d’intérêt, l’inflation persistante, la volatilité sur les marchés obligataires et le marché des changes, ainsi que l’augmentation des tensions géopolitiques y ont tous contribué.

Le trimestre a commencé par une reprise. Des signes laissaient supposer que l’inflation avait atteint son sommet et on s’attendait à ce que la Réserve fédérale américaine (la « Fed ») mette bientôt fin à ses hausses des taux d’intérêt. On espérait même voir cette dernière commencer à réduire les taux en raison du ralentissement de la croissance économique. Aux États-Unis, l’inflation a baissé pour s’établir à 8,3 % en juillet, après avoir atteint 9,1 % en juin. Pour les investisseurs, il s’agissait d’un signe encourageant et, par conséquent, les marchés ont rebondi. Mais lors du symposium à Jackson Hole à la fin du mois d’août, Jerome Powell, président de la Fed, a déclaré que les taux demeureraient hauts longtemps. Et ce, même si cela nuisait aux entreprises et aux ménages. Les marchés ont pris peur, déclenchant une vente massive pendant le reste du trimestre. Tous les gains réalisés depuis juillet ont été anéantis. En août, l’inflation américaine s’était établie à 8,3 %. Mais ce taux étant considéré comme très élevé, et ce, malgré la forte baisse du prix de l’énergie, la chute des marchés s’est accélérée.

Dans le monde, les banques centrales ont manifesté de nouveau leurs intentions de continuer à augmenter les taux d’intérêt pour contrer l’inflation. Par conséquent, les risques d’une récession mondiale sont devenus plus sérieux, surtout dans la zone euro. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, les risques de récession ont aussi augmenté.

Les marchés des actions ont dégringolé.

  • L’indice S&P 500 a terminé le trimestre par une baisse de 4,9 %, c’est-à-dire une baisse de 24 % depuis le début de l’année.
  • L’indice Dow Jones Industrial Average a terminé le trimestre par une baisse de 6,2 %. Il a baissé de 20 % depuis le début de l’année.
  • L’indice NASDAQ 100 a connu une baisse de 4,4 % au cours du trimestre et une baisse de 32,3 % depuis le début de l’année.
  • L’indice composé S&P TSX a terminé le trimestre par une baisse de 2,2 %. Il a baissé de 13,1 % depuis le début de l’année.
  • À l’étranger, l’indice MSCI EAFE a baissé de 9,3 % au cours du trimestre. Il a baissé de 26,7 % depuis le début de l’année.

 

Graphique 1 : Dégringolade des principaux marchés au T2

Rendement global, valeurs indexées sur 0 au 1er janvier 2022

Source : Bloomberg, Données au 30 septembre 2022.

Les marchés des titres à revenu fixe n’ont pas offert de protection contre la chute des actions. La plupart des marchés obligataires ont enregistré des rendements négatifs. Les obligations souveraines mondiales ont fortement baissé quand le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé des réductions d’impôt pour les riches dans le cadre de sa politique budgétaire. Les marchés n’ont pas bien accueilli la nouvelle et la livre sterling a touché un creux historique par rapport au dollar américain.

  • À la fin de septembre, le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans affichait une hausse de 3,83 %.
  • Le taux des obligations du Trésor américain à 2 ans a terminé le trimestre à 4,2 %.

La courbe de rendement est maintenant inversée de façon très significative, ce qui est souvent perçu comme le signe avant-coureur d’une récession.

Source: Macrobond. Données au 30 septembre 2022.

Actions : Sous-pondération des actions cycliques et réduction de l’exposition aux actions américaines.

Nous sommes préoccupés par un recul des bénéfices pendant un ralentissement de la croissance. Selon nous, les États-Unis entrent dans une période où la croissance est en perte de vitesse. Les perspectives sont encore plus décourageantes en Europe. Les marchés continueront de surveiller les décisions de la Fed. D’ailleurs, un dollar américain vigoureux risque de nuire aux bénéfices des entreprises. Bien que les problèmes liés aux chaînes d’approvisionnement commencent à se régler, nous voyons des signes annonçant une réduction de la demande. Cela montre que les mesures de resserrement de la Fed commencent à influer sur la demande. Nous avons continué de tirer parti de la reprise des actions pour réduire notre exposition aux actions américaines et augmenté nos liquidités. De plus, nous privilégions les actions de secteurs défensifs plutôt que celles de secteurs cycliques.

 

Titres à revenu fixe : La surpondération des liquidités est en réponse à la hausse des taux par les banques centrales dans le but de freiner l’inflation.

Comme les politiques monétaires risquent de demeurer serrées pendant longtemps, nous nous attendons à une grande volatilité sur les marchés du crédit. Le nombre de faillites d’entreprise est encore très bas, mais il pourrait augmenter pendant un ralentissement économique. Le cours des titres à rendement élevé ne tient pas encore complètement compte, selon nous, de la possibilité d’une récession. Par conséquent, nous avons réduit le risque lié aux écarts de rendement élevés. Nous avons une perspective optimiste quant aux obligations de base canadiennes. Nous maintenons donc notre surpondération en obligations canadiennes. Nous prévoyons de déployer des liquidités lorsque les évaluations et les taux seront plus favorables.