Fonds croissance mondial MFS Sun Life

Commentaires sur les fonds | T3 2022

Opinions et commentaire fournis par MFS Gestion de placements Canada limitée.

Revue des marchés

Après un rebond au début du troisième trimestre, les marchés boursiers mondiaux sont repartis à la baisse, plombés par la politique de la majorité des banques centrales plus décidées que jamais à lutter contre l’inflation malgré les risques grandissants de récession. Bien que l’inflation ait paru plafonner dans certains marchés, elle reste élevée à l’échelle mondiale, incitant la plupart des banques centrales à continuer de relever leurs taux d’intérêt. Les marchés boursiers accusent un net recul depuis le début de l’année, surtout du fait d’une compression des multiples qui a particulièrement touché les actions de croissance. Le risque réside désormais dans une révision à la baisse des bénéfices des sociétés affrontées à une chute de la demande et à la hausse du coût des intrants.   

Le marché américain, mesuré par l’indice S&P 500, a clôturé le troisième trimestre de 2022 en baisse, dans le prolongement du dégagement du deuxième trimestre. Le marché s’est notamment inquiété de la guerre en Ukraine, de la forte inflation et du risque que la hausse des taux d’intérêt fasse basculer l’économie dans la récession. Aux États-Unis, la croissance économique mesurée par l’évolution du PIB s’est contractée de 0,6 % au deuxième trimestre. Elle a été négative pendant deux trimestres d’affilée, ce qui correspond à la définition officieuse d’une récession. La Réserve fédérale a affirmé qu’elle devait relever les taux d’intérêt pour abaisser une inflation qui atteint un sommet de 40 ans, malgré la possibilité d’une récession. Au troisième trimestre, la croissance a surclassé la valeur dans les segments à forte, moyenne et faible capitalisation. Ce renversement de situation par rapport aux deux trimestres précédents s’explique surtout par la remontée brève mais vigoureuse du marché en juillet. Durant le trimestre, les secteurs de la consommation discrétionnaire, de l’énergie et des services financiers ont affiché la meilleure performance, tandis que les services de communications, l’immobilier et les matériaux ont produit les pires résultats.

Le Fonds croissance mondial MFS Sun Life a été distancé par son indice de référence, l’indice MSCI ACW, au cours du trimestre. Après avoir produit un rendement excédentaire solide au premier semestre, le portefeuille a effacé une partie de ses gains relatifs au troisième trimestre, période pendant laquelle les investisseurs ont renoué avec leurs habitudes du temps de la pandémie en privilégiant de nouveau une poignée de titres technologiques jugés prometteurs à long terme, sans presque tenir compte de leur valorisation. Les actions de Tesla et d’Amazon, absentes du fonds parce que l’équipe les jugeait onéreuses, ont monté de 18 % et 6 %, tandis que l’indice de référence affichait un rendement négatif. Tout en reconnaissant la qualité et le fort potentiel de croissance de ces sociétés, l’équipe juge que la valorisation de leurs actions demeure supérieure à ce qu’elle considère comme raisonnable pour le style de type GARP du fonds. À l’inverse du trimestre précédent (et des tendances à long terme!), le troisième trimestre a vu dominer les actions plus dispendieuses, qui sont exclues du fonds en raison de la méthode de valorisation rigoureuse du portefeuille. Rarement observée dans un contexte de chute des cours boursiers, cette domination ne saurait durer, et l’équipe estime que le portefeuille peut générer une bonne performance dans une telle conjoncture vu sa valorisation rigoureuse et son insistance sur la qualité et la durabilité des bénéfices.  

  • La sélection d’actions dans le secteur de la consommation discrétionnaire a nui au rendement relatif.
  • La surpondération des services de communications et le choix de titres dans ce secteur ont pesé sur la performance relative.
  • Les positions dans Alibaba Group Holding Ltd., Adidas Ag, Naver Corp, Church & Dwight Co Inc. et Tencent Holdings Limited ont été particulièrement pénalisantes.
    • Alibaba – La position surpondérée du portefeuille dans la société de commerce en ligne et mobile Alibaba Group Holding (Chine) a nui au rendement relatif. Le cours de l’action a fléchi à l’annonce de revenus décevants au chapitre de la gestion de la clientèle et des commissions, surtout en raison d’une consommation moindre que prévu en Chine et d’une résurgence de la COVID-19 dans plusieurs grandes régions du pays.
    • Adidas Ag – La position surpondérée dans le fabricant de vêtements et d’équipements de sport Adidas (Allemagne) a freiné la performance relative. La direction a annoncé une baisse marquée des ventes en Chine, imputable à la perturbation des chaînes d’approvisionnement et aux restrictions liées à la COVID. Les inquiétudes entourant la diminution des dépenses de consommation semblent aussi avoir pesé sur le titre.
    • Naver Corp La position surpondérée dans le fournisseur de moteur de recherche et de jeux en ligne Naver (Corée du Sud) a freiné le rendement relatif. Le titre a souffert d’un bénéfice d’exploitation moindre que prévu imputable aux pressions sur les marges et à la hausse des coûts de main-d’œuvre et de commercialisation. Les perspectives de faibles bénéfices annoncées par la direction ont aussi nui à l’action.

  • La sélection d’actions dans les secteurs des services financiers et de l’industrie a contribué au rendement relatif.
  • L’effet de change a aussi contribué à cette performance dans les secteurs des services financiers, des soins de santé et des technologies de l’information.
  • Les positions dans Ross Stores Inc., Kose Corp, Fiserv Inc., HDFC Bank et Charles Schwab Corporation ont été particulièrement productives.
    • Ross Stores Inc. – La position surpondérée dans le détaillant à escompte Ross Stores (États-Unis) a contribué au rendement relatif. L’action a monté au cours du trimestre, portée par des résultats financiers meilleurs que prévus attribuables à la baisse des frais de vente et des frais généraux et administratifs.
    • Charles Schwab Corporation – La position surpondérée dans la société de services financiers Charles Schwab (États-Unis) a avantagé la performance relative. L’action a monté à l’annonce d’une augmentation des marges nettes d’intérêts et d’un abaissement du niveau exigé des fonds propres de catégorie 1 susceptible de libérer des capitaux pour d’autres fins comme des rachats d’actions.
    • Kose Corp – La position surpondérée dans le fabricant de produits de beauté Kose (Japon) a bonifié le rendement relatif. La société a déclaré un bénéfice d’exploitation plus élevé que prévu, surtout en raison d’une forte diminution du ratio des frais de vente et des frais généraux et administratifs, sous l’effet d’économies de coûts et du report de certains coûts au deuxième semestre de l’exercice 2022.

Changements relatifs aux portefeuilles

Conformément à l’approche à long terme du fonds qui se veut légèrement à contre-courant, les opérations du trimestre sont allées petit à petit à l’encontre des tendances du marché. Toutes les opérations relèvent d’une approche ascendante, mais dans plusieurs cas, l’équipe a accentué le profil de croissance du portefeuille sans vraiment modifier la valorisation. Autrement dit, l’équipe a élagué des titres à faible croissance et étoffé des titres à plus forte croissance présentant une valorisation comparable (parfois dans des secteurs différents). Par exemple, l’équipe a vendu son placement dans la société de consommation de base Colgate et élagué ses positions dans la compagnie d’assurance-maladie Cigna, le fournisseur de services à large bande Charter, le géant du commerce électronique chinois Alibaba et d’autres sociétés comme Dollarama, American Tower Corp et Starbucks. Par contre, les positions ont été étoffées dans des titres plus axés sur la croissance, y compris la société de logiciels Adobe, l’équipementier automobile Aptiv, le chef de file de la stérilisation du matériel médical Steris, le gestionnaire d’actifs Schwab et la société suisse d’épices et de produits chimiques spécialisés Sika.

L’équipe a pris une position dans Gartner, société de recherche et de consultation technologiques qu’elle observait depuis un certain temps. L’action n’est pas bon marché au vu des estimations à court terme, mais l’équipe juge sa valorisation raisonnable pour le style de type GARP du fonds. La thèse de croissance à long terme du titre repose sur le positionnement concurrentiel de Gartner et le fait que ses données de recherche constituent la norme de référence pour les directeurs des technologies de l’information qui doivent prendre des décisions critiques et coûteuses pour leurs sociétés dans un environnement en mutation constante. De plus, son modèle de licences en fonction du nombre d’utilisateurs offre à ses clients une valeur et un rendement intéressants par rapport à ce que proposent les consultants à services complets. Par ailleurs, Gartner a dix fois la taille de son plus proche concurrent et accentue son avance en investissant davantage dans la vente et la recherche. L’équipe croit au potentiel de croissance composée des revenus de Gartner, qui profitera de l’augmentation des dépenses en TI, de la complexification technologique exigeant davantage de conseils, d’un important marché potentiel sous-exploité et de sa capacité d’accroître sa part du marché plus rapidement que ses concurrents. Le fonds a aussi pris une position dans Thomson Reuters Corp au cours du trimestre.

Positionnement du fonds

L’équipe reste strictement adepte de la méthode ascendante consistant à choisir un à un les titres du portefeuille pour investir dans des sociétés qui satisfont à ses critères de qualité et de croissance moyennant une valorisation relative intéressante dans une perspective à long terme. Malgré cette approche ascendante, l’équipe discute amplement de la conjoncture macroéconomique et des tendances du marché boursier, notamment au vu de la volatilité baissière récente. Eu égard à la compression des multiples qui a accompagné le dégagement du marché, l’équipe reste d’avis que les titres les plus orientés vers la croissance demeurent généralement trop dispendieux pour le style de croissance prudente du fonds, puisque les valorisations sont passées de très onéreuses à simplement onéreuses. Par exemple, du côté des actions américaines faisant partie de l’univers de placement du fonds, les actions du quintile le plus cher de l’indice Russell 1000 Growth se négocient moyennant une prime de plus de 500 % par rapport au S&P 500, soit nettement au-dessus de la limite habituelle de l’équipe. De plus, bien que les actions aient beaucoup baissé cette année et que les multiples se soient contractés, les prévisions de bénéfices des sociétés se montrent étonnamment résilientes à l’échelle du marché. Le consensus des analystes prévoit encore une croissance des bénéfices nettement supérieure à la moyenne au cours des douze prochains mois, ce qui nous paraît pécher par optimisme. Si l’inflation devait rester forte, l’équipe croit que sa préférence pour les sociétés de grande qualité oriente naturellement le portefeuille vers des entreprises dotées d’un pouvoir de fixation des prix et de marges élevées, d’où un positionnement relativement avantageux par rapport à l’indice. Autrement dit, les sociétés qui bénéficient d’importants avantages concurrentiels et de marges élevées ont tendance à afficher des charges moins lourdes en pourcentage des ventes que les sociétés de moindre qualité aux marges plus faibles, et sont donc plus en mesure de gérer l’inflation des coûts.

Durant le trimestre, l’équipe a élagué des titres à faible croissance et étoffé des titres à plus forte croissance présentant une valorisation comparable. Les secteurs surpondérés par rapport à l’indice de référence sont restés les mêmes qu’au trimestre précédent. L’équipe a cependant opéré un léger virage des secteurs de la consommation discrétionnaire et de la consommation de base vers les secteurs des technologies de l’information et des soins de santé. La pondération des technologies de l’information est passée de 25,8 % au deuxième trimestre à 27,5 % au troisième, et celle des soins de santé de 13,7 % à 14,1 %. Par contre, la consommation discrétionnaire et la consommation de base sont passées respectivement de 11,2 % à 10,2 % et de 14,1 % à 12,7 %. Dans les secteurs sous-pondérés, le fonds a réduit le poids de l’immobilier en élaguant American Tower Corp et accru celui des services financiers en étoffant Charles Schwab Corp. La pondération de l’immobilier est passée de 2,1 % au deuxième trimestre à 1,3 % au troisième. Tout en demeurant le secteur le plus sous-pondéré par rapport à l’indice de référence, les services financiers ont vu cette sous-pondération atténuée alors que leur poids est passé de 7,2 % au deuxième trimestre à 8,9 % au troisième.

N’oublions pas que l’équipe apporte rarement des changements radicaux à la composition du fonds dans un court délai. Toutes les modifications se font progressivement, dans le cadre d’une stratégie à long terme. L’équipe juge opportun de saisir les occasions d’effectuer de petits changements susceptibles d’avantager le fonds. Comme toujours, l’équipe reste fidèle à son processus et à sa philosophie de placement. Elle conserve son horizon de placement à long terme et continue de privilégier les sociétés à croissance composée durable dont les bénéfices sont fortement susceptibles de perdurer au fil du temps. L’actif du fonds reste entièrement placé sur les marchés boursiers, car l’équipe estime difficile de prévoir les rendements de ces marchés à court terme.

Rendement du fonds

Rendements composés (%)1 Depuis la création2 10 ans 5 ans 3 ans 1 an T3
Fonds croissance mondial MFS Sun Life - série A

10,2

11,2

8,10

4,1

-15,3

-2,55

Fonds croissance mondial MFS Sun Life - série F

11,4

12,5

9,35

5,4

-14,3

-2,27

Indice MSCI AC World

9,7

10,9

6,4

5,0

-13,9

-0,74

¹Les rendements se rapportant aux périodes supérieures à un an sont annualisés. Données au 30 septembre 2022.

²Année civile partielle. Les rendements intègrent ceux de la période écoulée entre la date de création du fonds, soit le 30 septembre 2010, et le 31 décembre 2010.

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