La retraite devrait être le moment où vous profitez du fruit de votre labeur, mais la hausse des coûts peut doucement venir briser ce rêve. Découvrez les risques liés à l’inflation, et les stratégies pour les gérer.
L’impact de l’inflation sur vos placements
L’inflation est une préoccupation majeure pour beaucoup d’entre nous. Elle fait non seulement grimper le coût de l’épicerie, mais elle affecte aussi notre épargne et nos revenus de placement. Découvrez ce qu’est l’inflation, ce qui la cause et les moyens de protéger vos finances.
Vous avez sans doute constaté que votre pouvoir d’achat s’est considérablement affaibli. Tout coûte plus cher et les dépenses quotidiennes semblent s’accumuler plus rapidement que jamais. Il s’agit là de l’inflation, c’est-à-dire l’augmentation constante du coût des biens et des services au fil du temps. Que vous épargniez activement, que vous investissiez ou que vous soyez à la retraite avec un revenu fixe, l’inflation peut représenter une menace réelle pour votre sécurité financière. Toutefois, il existe des stratégies qui peuvent aider à protéger vos placements.
L’inflation érode silencieusement votre pouvoir d’achat
En termes simples, le taux d’inflation correspond au rythme d’augmentation du prix des biens et services au fil du temps. L’accélération de l’inflation peut être causée par de nombreux facteurs, y compris les pénuries d’approvisionnement et l’augmentation de la demande. L’inflation peut aussi résulter d’une forte progression des coûts de production, y compris les matières premières et les salaires, qui est souvent refilée aux consommateurs. Par exemple, une augmentation du prix du pétrole entraîne presque immédiatement une hausse du prix de l’essence.
Pour calculer le taux d’inflation canadien, Statistique Canada a créé l’indice des prix à la consommation (IPC). Il reflète l’évolution mensuelle du coût de plus de 700 produits, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement et l’éducation. Les composantes de l’IPC fluctuent constamment. Durant les 40 ans écoulés entre avril 1986 et avril 2026, l’inflation a atteint en moyenne 2,41 % par an au pays1. Ou comme la Banque du Canada le dit si bien, la valeur de l’argent a chuté de 2,41 % chaque année.
Autrement dit, en moyenne, quelque chose qui coûte 100 $ cette année coûtera 102,41 $ l’an prochain. Évidemment, si vous travaillez, votre salaire pourrait augmenter pour tenir compte de l’inflation. Par contre, si vous êtes à la retraite et avez un revenu fixe, votre pouvoir d’achat (la quantité de biens et services que vous pouvez acheter) diminuera progressivement avec le temps.
L'inflation et votre pouvoir d'achat*
Source : Placements mondiaux Sun Life. * Les taux d’inflation utilisés sont hypothétiques.
Nous avons vu comment l’inflation érode votre pouvoir d’achat. Mais comment vos placements résisteront-ils dans un contexte inflationniste? En bref, tout dépend des placements que vous détenez.
Commençons par examiner la façon dont les obligations réagissent à l’inflation. Les obligations émises par les gouvernements comptent parmi les titres d’emprunt les plus détenus. Ce sont des obligations de haute qualité qui présentent un faible taux de défaut. On dit qu’elles sont de première qualité et elles doivent être dotées de la notation BBB ou d’une notation supérieure.
Ces titres sont recherchés pour le revenu qu’ils produisent et pour leur profil de risque peu élevé. C’est la raison pour laquelle les institutions, les caisses de retraite et les gestionnaires de placement s’en servent souvent pour abaisser le niveau de risque de leurs portefeuilles. Par exemple, traditionnellement, pour compenser le risque lié aux actions, un fonds commun équilibré ou un FNB détiendrait habituellement 40 % d’obligations et 60 % d’actions.
Néanmoins, l’inflation risque de nuire au rendement des obligations de deux façons. Premièrement, selon le taux d’intérêt en vigueur, si votre obligation vous procure 200 $ par année, cette somme vous permettra d’acheter de moins en moins de biens et services d’une année à l’autre. Deuxièmement, les obligations souffriront d’une hausse des taux d’intérêt. Une telle hausse peut survenir si la Banque du Canada doit relever son taux directeur pour ralentir l’inflation lorsque celle-ci dépasse son taux cible de 2 %.
Paradoxalement, le prix des obligations baisse quand les taux d’intérêt montent. Les obligations à plus longue échéance (comme une obligation à 20 ans) sont particulièrement vulnérables à une hausse des taux. Pourquoi? Supposons que votre obligation à 20 ans de 10 000 $ est assortie d’un taux nominal de 5 % (le taux nominal correspond au revenu annuel que vous pouvez vous attendre à recevoir). Si les taux d’intérêt montent, les nouvelles émissions d’obligations à 20 ans offriront sans doute un taux nominal plus élevé et auront donc la préférence des nouveaux acheteurs. Cela a pour effet de réduire la valeur de votre obligation qui se vend maintenant à prix moindre.
Il existe cependant des catégories d’obligations indexées sur l’inflation. Les plus répandues sont les obligations à taux variable et les titres du Trésor protégés contre l’inflation.
Contrairement à la majorité des obligations qui offrent un taux d’intérêt fixe, ces titres sont assortis d’un taux nominal qui varie. Par exemple, le taux d’intérêt d’une obligation à taux variable est lié à un taux de référence, comme le taux de financement à un jour de la Réserve fédérale américaine (la Fed). Quand le taux de la Fed monte, l’intérêt versé sur une obligation à taux variable augmente lui aussi.
L’inflation et les portefeuilles d’actions
Comme dans le cas des obligations, l’impact de l’inflation sur vos actions ou portefeuilles d’actions dépend de la façon dont ils sont investis. Commençons par les actions qui versent des dividendes, source de revenus pour de nombreux investisseurs. Le dividende est habituellement versé tous les trimestres et correspond à un pourcentage des flux de trésorerie ou des bénéfices de la société, souvent entre 1 et 10 %.
Quel est l’effet de l’inflation sur les dividendes? Certaines sociétés, notamment dans les services publics, peuvent bien performer dans un contexte d’inflation parce qu’elles sont en mesure de répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs. Elles peuvent ainsi augmenter les dividendes versés aux investisseurs. Par exemple, si l’inflation atteint 3 % et qu’une société fait passer son dividende à 5 %, vous sortirez gagnant.
L’inverse est vrai si la hausse des coûts provoquée par l’inflation force une société à abaisser son dividende. Là encore, l’impact de l’inflation sur le revenu de dividende dépend du type d’actions détenues dans le portefeuille. C’est pourquoi les gestionnaires de fonds qui misent sur les dividendes analysent attentivement les sociétés avant d’y investir. Ils veulent déterminer si le dividende est durable et s’il est susceptible d’augmenter ou de diminuer au fil du temps.
L’inflation touche différemment les actions de croissance et de valeur
On distingue souvent les actions selon qu’elles sont axées sur la croissance ou sur la valeur. Pour comprendre pourquoi l’inflation touche différemment ces deux catégories d’actions, il faut se rappeler que l’inflation érode la valeur de l’argent à mesure que le temps avance. Son effet ne sera donc pas le même selon la période sur laquelle on calcule la rentabilité d’une société pour se demander si les bénéfices d’aujourd’hui valent plus que les bénéfices érodés par l’inflation de demain.
Commençons par les actions de valeur. Par définition, ces actions se négocient à prix moindre par rapport au marché. Cependant, un gestionnaire de placement qui achète une action de valeur a des raisons de croire que la société renouera avec la rentabilité ou deviendra plus rentable, et prévoit que cela surviendra dans un délai assez court.
C’est souvent le contraire avec les actions de croissance. Le gestionnaire de placement peut acheter l’action d’une société bien connue qui prévoit réaliser des bénéfices pendant bien des années. Ce peut aussi être une société déficitaire ou peu rentable dont les flux de trésorerie solides font toutefois penser qu’elle pourrait devenir rentable un jour.
Ainsi, la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt tend à faire chuter les actions de croissance. C’est ainsi parce que la valeur des bénéfices futurs est actualisée à un taux d’inflation plus élevé.
Les actions de croissance surclassent habituellement les actions de valeur quand l’inflation est faible. En période de hausse des taux d’intérêt et d’inflation, les actions de valeur peuvent gagner du terrain. Cependant, le rendement passé n’est pas une indication ni une garantie du rendement futur.
Remparts contre l’inflation : produits de base et immobilier
Comme nous l’avons vu, la résistance d’un portefeuille à l’inflation dépend beaucoup des titres qui le composent. Ainsi, quand l’inflation s’accélère, les gestionnaires de portefeuille investissent dans des sociétés de services publics ou dans des entreprises qui fabriquent des produits essentiels et peuvent ainsi refiler les hausses de coûts aux consommateurs. Ils peuvent aussi investir dans des catégories d’actif spécifiques, comme les infrastructures et les actifs réels, qui ont auparavant bien performé dans un contexte inflationniste.
Pour contrer l’inflation, il faut un plan
Nous avons vu que l’inflation peut éroder votre pouvoir d’achat, mais plus important encore, que c’est la composition du portefeuille qui compte quand la hausse des prix s’accélère. C’est pourquoi il vaut mieux rencontrer un conseiller. Cette personne saura évaluer votre situation financière et vous suggérer des placements et des stratégies visant à atténuer le risque posé par l’inflation.
1 Source : Feuille de calcul de l’inflation de la Banque du Canada
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