Bilan de mi-année – Thèmes clés de 2026
Chhad Aul, premier directeur des placements et chef des solutions multiactifs à Gestion d’actifs PMSL inc., explique quels thèmes façonneront les marchés d'ici la fin de l'année, allant de l’intelligence artificielle aux enjeux géopolitiques et en passant par les taux d’intérêt et la dispersion.
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La Réserve fédérale américaine fait exception parmi les banques centrales mondiales
- Les taux directeurs des principales banques centrales, notamment au Canada et en Europe, se sont généralement stabilisés après le cycle d’assouplissement de 2025. Cependant, la guerre entre les États-Unis et l'Iran a ravivé les pressions inflationnistes, ce qui a compliqué la tâche des banques centrales qui prévoyaient sans doute de laisser leurs taux inchangés. Ainsi, la Banque centrale européenne a relevé les siens en juin en réaction à la hausse de l’inflation. Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada s’en tienne au statu quo pour le moment.
- Après avoir laissé ses taux inchangés pendant une bonne partie de l’année 2025, la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) s’est éloignée de son objectif de réductions de taux au début de 2026. Elle affiche plutôt une position prudente en raison de la croissance soutenue, de l’inflation persistante et des bénéfices plus robustes que prévu. Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a adopté un ton restrictif lors de sa première conférence de presse.
- Pour les marchés boursiers, cela renforce le scénario selon lequel les taux resteront « élevés plus longtemps ». Les valorisations demeurent élevées, et les actions sont de plus en plus soutenues par les bénéfices plutôt que par les hausses des valorisations.
- Le dollar américain a été plus résilient que prévu grâce à la croissance économique relativement vigoureuse et à l’augmentation des taux obligataires.
Le cycle d’investissement dans l’IA se généralise, mais le débat sur le RCI s’intensifie
- Le cycle des dépenses d’investissement en IA s’est poursuivi en 2026 grâce aux investissements soutenus dans les semiconducteurs, les mémoires, les centres de données et les infrastructures énergétiques, qui ont alimenté une forte croissance des bénéfices dans le secteur technologique et les secteurs connexes.
- Cependant, les marchés accordent de plus en plus d’attention à la monétisation plutôt qu’à l’expansion, une augmentation à grande échelle du rendement du capital investi (RCI) demeurant illusoire.
- Plutôt qu’une franche inversion, nous prévoyons que les gains – d’abord limités aux actions à très grande capitalisation liées à l’IA – s’étendront à d’autres bénéficiaires des dépenses d’investissement en IA et aux prochains goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement – tel le segment des mémoires à large bande passante.
- L’incidence sur le marché du travail demeure incertaine. La productivité s’améliore, mais de façon inégale. La hausse considérable du coût des jetons* traités par les modèles d’IA incite aussi des sociétés à retarder l’adoption de l’IA.
La dynamique en K persistante devrait évoluer d’un secteur et d’une région à l’autre
- La dynamique économique en K (tendance selon laquelle certains segments de l’économie progressent, tandis que d’autres font du surplace) demeure une caractéristique déterminante. Nous continuons d’observer des divergences entre les consommateurs selon le niveau de revenu, de même qu’une forte divergence entre les secteurs qui bénéficient du cycle des dépenses d’investissement en IA et les secteurs sensibles aux taux comme le logement.
- Les marchés d’actifs solides et la rentabilité des sociétés continuent de favoriser les consommateurs à revenu élevé, tandis que la sensibilité aux taux et à l’inflation pèse toujours sur les secteurs plus cycliques et les consommateurs moins nantis.
- Surtout, la dynamique en K est de plus en plus visible au sein des marchés boursiers eux-mêmes : la croissance des bénéfices et les bénéfices supérieurs aux attentes sont concentrés dans des secteurs bien précis, tandis que d’autres restent à la traîne.
- Cette dynamique continue de favoriser une exposition sélective, car la croissance globale masque des disparités importantes et persistantes.
Les thèmes mondiaux multipolaires se renforcent sur fond de bouleversements géopolitiques et d’évolution des produits de base
- L’évolution vers un ordre mondial plus fragmenté s’est accélérée. Les conflits géopolitiques comme la guerre entre les États-Unis et l'Iran sont une caractéristique de cette multipolarité et non une anomalie. Cela signifie que la sécurité énergétique, la défense et la diversification des échanges jouent un rôle plus important dans le leadership sur le marché et les dépenses publiques.
- Les dépenses de défense en Europe demeurent un catalyseur structurel, tandis que les marchés de l’énergie sont façonnés par les tensions géopolitiques et les perturbations de l’offre, ce qui renforce l’importance de la sécurité énergétique.
- Les produits de base ont été soutenus non seulement par l’électrification et la demande liée à IA (par exemple, la demande de cuivre destiné aux infrastructures énergétiques), mais aussi par la diversification continue en faveur de l’or et au détriment des réserves en dollars américains.
- La Chine met l’accent sur les industries stratégiques, dont la robotique et la fabrication de pointe, ce qui continue de créer des occasions à l’échelle locale, même si la croissance économique globale demeure inégale.
- Dans ce contexte, la diversification régionale et thématique dans les portefeuilles demeure essentielle pour profiter de diverses sources de rendement.
La dispersion et l’ampleur des bénéfices continuent de plaider en faveur de la gestion active
- Le peloton de tête du marché s’élargit tandis que la croissance des bénéfices s’étend au-delà des principales valeurs technologiques, ce qui crée un environnement plus favorable aux stratégies de gestion active.
- Ensemble, la différenciation liée à l’IA, la dispersion sectorielle et l’incertitude macroéconomique élargit l’éventail de résultats à l’échelle des sociétés.
- La hausse persistante des taux d’intérêt et le resserrement continu des conditions financières font que la robustesse des bilans des sociétés et la discipline d’affectation du capital deviennent des catalyseurs de rendement de plus en plus importants.
- Les gestionnaires actifs sont mieux placés pour repérer les sociétés présentant une croissance des bénéfices durable, étant donné en particulier que les marchés récompensent l’atteinte des objectifs et la rentabilité plutôt que la seule exposition thématique.
* Considérez un modèle d’IA comme un spécialiste rémunéré pour répondre à une question ou analyser des données. Ce modèle facture la quantité de texte ou de données analysées en la segmentant en jetons. Une simple question coûte moins de jetons qu’une question complexe qui exige une analyse de données.
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