Plusieurs banques russes exclues du système bancaire SWIFT. SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) est un système de communication utilisé par les institutions financières pour faciliter les transferts d’argent transfrontaliers. Il s’agit d’une mesure décisive qui devrait avoir de sérieuses répercussions sur la capacité de ces banques à effectuer des transactions internationales. Elles devront emprunter d’autres mécanismes ou utiliser les systèmes émergents de la concurrence pour effectuer leurs transactions interbancaires quotidiennes. Il y aura des coûts additionnels et des délais s’ajouteront pour compenser les fonds. À l’heure actuelle, les transactions des marchés énergétiques et agricoles ne sont pas touchées par l’exclusion. Après l’annonce de cette mesure, la quantité de liquidités disponibles dans les banques russes ont suscité des inquiétudes qui se sont traduites par de nombreuses files d’attente aux guichets automatiques. Dans le pire des cas, la Russie s’expose à une crise bancaire de grande ampleur. On s’attend à ce que les principales banques centrales soient prêtes à limiter tout risque de contagion financière si les problèmes de liquidités s’étendent aux institutions occidentales.

Période d’aversion pour le risque sur les marchés mondiaux à revenu fixe. Les écarts se sont creusés comme en témoignent l’augmentation de 15 et 40 points de base1 respective des titres européens de société de première qualité et à rendement élevé au cours de la dernière semaine. Entre-temps, les obligations du Trésor américain ont régressé par rapport aux sommets atteints récemment en raison de l’exode vers les placements sécuritaires. La courbe des taux aux États-Unis continue de s’aplatir, signe d’une montée des inquiétudes quant aux risques de ralentissement. Étant une valeur disponible et réalisable, le dollar américain se porte bien. Par contre, les devises à risque plus élevé, y compris celles des marchés émergents, ont subi des pressions énormes.

Gel des réserves en devises étrangères de la banque centrale de Russie (BCR). On rapporte que les réserves officielles de la Russie s’élèvent actuellement à 630 milliards de dollars et qu’elles sont détenues en grande partie à l’extérieur du pays. Une partie de ces réserves ne seront plus accessibles, ce qui limitera grandement l’accès à la Russie aux devises étrangères. Dans le pire cas, la BCR conserve un accès à ses réserves en devises étrangères détenues en Chine, ainsi que sur ses réserves d’or pour un total estimé à 230 milliards de dollars. Le gel des réserves limitera la capacité de la BCR à soutenir le rouble au moyen d’interventions sur le marché des changes et à injecter des liquidités en devises étrangères dans le système bancaire russe. C’est ce qui explique l’affaiblissement du rouble d’environ 20 % le 28 février et qui a forcé la BCR à relever son taux directeur de 9,5 % à 20 %. La BCR impose aussi des mesures de contrôle du capital et interdit la vente de titres russes détenus par des investisseurs étrangers. Les autorités russes interdisent également à leurs résidents de transférer des devises étrangères à l’extérieur du pays, y compris pour payer une dette, comme mesures de représailles contre les sanctions américaines et européennes.

L’économie russe devra faire face à des défis de taille. Au menu : forte récession, inflation galopante, défauts de paiement de dette, pénuries d’approvisionnement de biens et risque de crise financière. Vendredi, S&P a abaissé la note souveraine de la Russie à BB+, classant ainsi sa dette dans la catégorie spéculative. Pendant ce temps, les certificats représentatifs d’actions étrangères de plusieurs sociétés russes cotées à la Bourse de Londres se sont effondrés, perdant plus de 50 % de leur valeur au cours de la séance lundi. De son côté, la Deutsche Börse, le plus important opérateur de marchés boursiers en Allemagne, a suspendu les opérations pour 16 titres russes, dont Aeroflot, Rosneft, Sberbank, VTB et Gazprom en raison des sanctions imposées par l’UE.

Une nouvelle ronde de sanctions de moindre importance. Dans un geste symbolique, les États-Unis ont annoncé cibler directement Vladimir Poutine, ainsi que son ministre des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, en gelant leurs avoirs. Plusieurs autres personnes clés ont aussi été ciblées par ce gel et font l’objet d’une interdiction de voyage. De nombreux pays occidentaux ont aussi interdit l’accès à la Russie à leur espace aérien.

L’invasion russe a des conséquences considérables sur l’économie mondiale. En raison de l’intensification du conflit et des tensions économiques et militaires accrues, un scénario économique défavorable, y compris une récession mondiale, est plus probable que jamais. Les événements des prochains jours et des prochaines semaines détermineront l’ampleur des répercussions sur l’économie mondiale.

Note de bas de page

1  L’écart correspond à la différence entre le rendement d’un titre à revenu fixe et d’une obligation d’État à échéance semblable. L’écart des titres européens de société de première qualité et à rendement élevé est basé sur l’écart corrigé de l’effet des options des indices Bloomberg European Aggregate Corporate Bond et Bloomberg Pan-European High Yield Bond au 28 février 2022.

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