Vidéo : Kathrin Forrest, vice-présidente, gestion de portefeuille, résume les événements du dernier trimestre et fournit une perspective macroéconomique.

Faits saillants

  • Les grands indices ont fracassé des records
  • Le prix du pétrole a bondi, passant de 59 $ US à près de 74 $ US le baril
  • Le dollar canadien a légèrement monté, passant de 0,80 $ US à 0,8072 $ US
  • Un plan bipartisan de dépenses en infrastructures de 1 200 milliards de dollars a été annoncé
  • Après avoir grimpé en mars, le taux de l’obligation du Trésor américain à 10 ans a baissé à 1,45 %
  • La Réserve fédérale américaine a indiqué qu’elle pourrait relever les taux d’intérêt plus tôt que prévu
  • À la fin du trimestre, 3,04 milliards de doses de vaccins avaient été administrées dans le monde

La reprise du marché après le dégagement provoqué par la COVID-19 commence à prendre l’allure d’une pièce en trois actes. Dans le premier acte, marqué par le télétravail, les actions de croissance ont tiré le rebond du marché par rapport au creux de mars 2020. Dans le deuxième acte, qui a vu l’économie rouvrir, les actions de valeur ont porté le marché vers de nouveaux sommets. Le troisième acte s’annonce plus incertain. D’une part, les principaux indices ont atteint des sommets absolus et les valorisations paraissent tendues. D’autre part, les investisseurs se concentrent sur l’accentuation des pressions inflationnistes et la Réserve fédérale américaine semble disposée à relever les taux d’intérêt plus tôt que prévu. Ces préoccupations ayant surgi tard durant le trimestre, les marchés ont eu du mal à monter.

Quel sera l’aboutissement de ce troisième acte? Ceci reste à voir. Cependant, après 15 mois de hausse des cours, le rapport risque-rendement est devenu moins attrayant. De plus, en l’absence d’élément susceptible de propulser le marché à la hausse, nous nous attendons à ce que les rendements évoluent dans une fourchette étroite durant l’été. Nous avons donc réduit notre surpondération des actions qui est passée de 4 % à 1,9 % au deuxième trimestre. Nous restons néanmoins optimistes à plus long terme à l’égard du marché, qui reste étayé par une forte croissance économique, des bénéfices solides et un rythme soutenu de vaccination.

Malgré ce contexte positif, les mutations de la COVID-19 représentent toujours un risque pour le marché. Le variant Delta plus contagieux se propage rapidement dans 98 pays. Il est responsable de 91 % des cas en Grande-Bretagne et devient vite la souche dominante dans les États américains sous-vaccinés. Il reste à voir si sa progression va freiner la réouverture des économies, surtout dans les pays où la vaccination est ralentie par des problèmes d’approvisionnement. Une telle éventualité risquerait de se répercuter sur le marché et nous suivons de près l’évolution de la situation.

Prise de bénéfices sur la croissance, étoffement de la valeur

En septembre dernier, pour profiter de la réouverture de l’économie, nous avions réduit notre exposition aux titres de croissance et commencé à surpondérer la valeur au moyen d’un FNB axé sur la valeur dans le Fonds Complément tactique Granite Sun Life. Nous avons conservé ce FNB au deuxième trimestre, dans un contexte où la valeur a encore surclassé la croissance. Ceci dit, à la fin du trimestre, nous avons commencé à enregistrer certains bénéfices dans les actions de valeur, où l’argent facile semblait avoir été fait. Nous gardons toutefois des titres de valeur de grande qualité.

Parallèlement, nous avons conservé d’autres secteurs liés à la réouverture, en hausse, comme les actions des secteurs de la finance et de l’énergie. L’énergie est l’un des secteurs qui a le plus progressé, le prix de référence du pétrole ayant plus que doublé pour atteindre 74 $ US le baril. Les sociétés financières pouvant profiter de taux d’intérêt plus élevés, leur cours a augmenté devant la possibilité que les craintes d’inflation et une croissance économique plus vigoureuse fassent monter les taux au deuxième semestre. De plus, nous continuons de surpondérer les actions mondiales à moyenne capitalisation, susceptibles à notre avis de surclasser les titres des plus grandes sociétés.

Par ailleurs, les actions de croissance se sont réinvitées à notre attention au deuxième trimestre lorsque le taux de l’obligation du Trésor à 10 ans a bondi à 1,74 % à la mi-mars. Cette évolution a provoqué un dégagement des titres technologiques sensibles aux taux d’intérêt. Cependant, vu la capacité bénéficiaire des géants de la techno, à commencer par les FAANG, nous ne pensions pas que les investisseurs allaient se détourner longtemps de ces titres de qualité. Nous avons donc accru notre pondération des actions de croissance qui est désormais égale à celle des actions de valeur (graphique 1). De plus, nous nous sommes portés acquéreurs d’options d’achat qui ont bénéficié du recul des taux et de l’atteinte de nouveaux sommets par l’indice Nasdaq à forte teneur technologique.

Graphique 1 : Rebond des titres de croissance au T2

Source : Bloomberg. Données au 31 juin 2021

Le marché obligataire fait fi de l’inflation – pour l’instant

À sa dernière réunion du deuxième trimestre, la Fed a insisté sur le raffermissement de l’économie américaine. Elle a indiqué qu’elle pourrait relever les taux d’intérêt à deux reprises en 2022, après avoir déclaré auparavant qu’il n’y aurait pas d’augmentation avant 2023. Il en est résulté un resserrement spectaculaire de l’écart entre les taux obligataires à 10 et à 30 ans, phénomène qui survient normalement quand la Fed relève les taux d’intérêt. Les taux à l’extrémité courte de la courbe ont anticipé une augmentation du taux directeur de la Fed, tandis que ceux à duration plus longue ont chuté dans l’anticipation d’un ralentissement de l’économie provoqué par le durcissement de la Fed.
Par conséquent, le taux de l’obligation de référence du Trésor américain à 10 ans a continué de fasciner les investisseurs. Tel qu’indiqué, après avoir atteint 1,74 % en mars, il a reculé autour de 1,45 %. Nous croyons que les taux continueront d’évoluer dans une fourchette étroite, mais qu’ils pourraient finir par progresser lentement à mesure que l’année avance.

Pour l’instant, bien que les indicateurs d’inflation aient dépassé la fourchette cible de la Fed, les taux à 10 ans se sont maintenus autour de 1,5 % avant de baisser durant la première semaine de juillet. Le marché obligataire croit peut-être le président de la Fed Jerome Powell quand il affirme que l’inflation sera temporaire et qu’il n’y aura pas de relèvement précoce des taux d’intérêt. Il est également possible que le marché obligataire nous dise que la croissance économique sera moins vigoureuse que prévu.

Quoi qu’il en soit, vu le risque évident d’une hausse des taux d’intérêt pour les obligations, nous sous-pondérons les titres sensibles à la duration, y compris les obligations du Trésor américain et du gouvernement du Canada. À l’inverse, nous surpondérons les obligations de sociétés à rendement élevé, en conservant un compartiment précis d’obligations de sociétés à moyen terme (graphique 2).

Graphique 2 : Préférer le risque de crédit au risque de duration

Source : Macrobond. Data  Données au 30 2021

La hausse du marché américain est-elle exagérée?

Après leur remontée du creux de mars – l’une des plus longues de l’histoire – la majorité des indices boursiers touchent ou frôlent des niveaux record. Ainsi, à la fin du trimestre, le S&P 500 et l’indice composé S&P/TSX étaient respectivement en hausse de 15,3 % et 117,3 % pour l’année (graphique 3). Nous croyons que le S&P 500 pourrait encore monter au deuxième semestre de l’année, mais sa progression actuelle paraît exagérée. Nous avons donc réduit la surpondération des actions américaines à 1 % à la fin du deuxième trimestre, contre 1,6 % au premier trimestre.

Notre décision de réduire la pondération des actions américaines ne doit pas être interprétée comme un avis négatif à l’égard de l’économie américaine. En effet, le Conference Board prévoit une croissance économique annualisée de 8,6 % aux États-Unis au deuxième trimestre de 2021. De plus, le pays regorge de liquidités dans la foulée des mesures de relance monétaire et budgétaire. En outre, un surcroît de relance budgétaire pourrait poindre à l’horizon puisqu’un projet de loi bipartisan de renouvellement des infrastructures de 1 200 milliards de dollars chemine au Congrès américain.

Il s’est créé 850 000 emplois aux États-Unis en juin, après une progression de l’emploi moins rapide que prévu plus tôt durant l’année. De plus, le patrimoine des ménages a augmenté de 850 milliards de dollars pour toucher un record de 136 000 milliards de dollars au début du deuxième trimestre. À la faveur de l’amélioration de leur situation financière (y compris l’augmentation soutenue du prix des logements), les consommateurs américains devraient contribuer à alimenter un renforcement de la croissance économique au deuxième semestre de l’année.

Cependant, les perspectives sont assombries par le fait que les États-Unis comptent encore près de 7,4 millions de chômeurs, et ce, malgré un nombre record d’offres d’emploi qui a presque égalé le nombre de chômeurs au deuxième trimestre. Ou bien les sans-emploi ne possèdent pas les compétences requises dans les secteurs de l’économie en plein essor, ou bien la poursuite des prestations d’État visant à compenser les pertes d’emploi liées à la COVID-19 les dissuade de retourner travailler. Peu importe la raison, Jerome Powell a maintes fois déclaré que le retour au travail de la grande majorité de ces chômeurs était essentiel pour que la reprise de l’économie américaine se prolonge au-delà du rebond qui suit la pandémie.

Graphique 3 : Les grands marchés boursiers fracassent des records

Source : Bloomberg, Données au 31 juin 202

Canada : Pondération neutre, mais optimisme à l’égard de l’économie

Notre pondération des actions canadiennes est restée neutre au deuxième trimestre et pourrait baisser compte tenu de la forte progression de l’indice composé S&P/TSX cette année. Nous demeurons cependant optimistes à l’égard de l’économie canadienne. Le pays ayant été confiné plus longtemps que bien d’autres, sa réouverture pourrait avoir un effet plus stimulant qu’ailleurs. De plus, comme leurs homologues américains, les consommateurs canadiens ont les moyens de se lancer dans les dépenses une fois l’économie entièrement rouverte. Statistique Canada calcule que les Canadiens ont épargné 212 milliards de dollars l’an dernier, contre 18 milliards en 2019. Ceci correspond à une moyenne de 5 574 $ par habitant en 2020, contre à peine 479 $ l’année précédente.

Par ailleurs, l’économie canadienne continue de profiter de la vigueur du marché de l’habitation et de la forte augmentation du prix des produits de base, y compris le pétrole et les métaux de base comme le cuivre. Comme nous l’avons dit, le prix du pétrole a plus que doublé. Ceci devrait atténuer les difficultés du secteur canadien de l’énergie, le prix de référence du pétrole Western Canadian Select atteignant autour de 65 $ US le baril. En outre, si les taux d’intérêt devaient monter, comme nous nous y attendons, le secteur financier canadien pourrait réaliser des gains supplémentaires.

Enfin, une comparaison avec la valorisation des actions américaines vers la fin du trimestre laisse entrevoir des possibilités de croissance pour l’indice composé S&P/TSX. Le S&P 500 se négocie à 21,4 fois les bénéfices prévus, un plus haut depuis l’éclatement de la bulle des technos en 2000. De son côté, le S&P/TSX se négocie à 17 fois les bénéfices prévus. Cet escompte de deux écarts-types par rapport au S&P 500 est le plus prononcé depuis la débâcle des valeurs technologiques. Vu le poids de l’énergie, des matériaux et de la finance dans le TSX, l’indice canadien pourrait combler cet écart si la reprise économique mondiale suit son cours (graphique 4).

Graphique 4 : Le secteur de l’énergie tire l’indice composé S&P/TSX vers le haut

Source : Bloomberg, Données au juin 2021

Marchés émergents : Une croissance ponctuée d’obstacles

Les actions des marchés émergents sont actuellement notre position la plus surpondérée à hauteur de 1.7 %, mais il est possible que nous réduisions légèrement leur pondération. La Chine, marché le plus fortement pondéré dans notre indice de référence, s’est pratiquement débarrassée du virus et son économie s’est redressée avec vigueur. Cependant, le tour de vis réglementaire récent de Beijing contre les grandes sociétés technologiques chinoises risque de nuire à ce secteur. De même, les expéditions chinoises pourraient ralentir du fait de l’accélération des exportations de pays émergents rivaux.

Pour l’instant, nous croyons que la croissance alimentée par la demande observée dans les pays développés continuera de soutenir la progression des exportations des pays émergents. De fait, l’indice des directeurs d’achats (PMI) Markit/JPMorgan mondial témoigne de la plus forte expansion du secteur privé en 15 ans.

Néanmoins, les marchés émergents font face à des obstacles potentiels. Historiquement, le resserrement de la politique de la Fed a fait monter le dollar US et sortir les capitaux des marchés émergents. Or, comme nous l’avons vu, les taux d’intérêt ont déjà bondi cette année par crainte de l’inflation et le billet vert s’est redressé lorsque la Fed a devancé son calendrier de relèvement des taux d’intérêt.

De plus, la réponse à la COVID-19 a été inégale dans les pays émergents. Par exemple, on prévoit que seuls 28 % des habitants des pays émergents seront vaccinés d’ici la fin de l’année, contre 72 % de la population des pays développés. Cette disparité vaccinale pourrait poser des problèmes croissants si le variant Delta ou d’autres mutations de la COVID-19 s’installent dans des pays émergents vulnérables, dont la réouverture serait encore retardée.

Europe : Une embellie plus lente qu’aux États-Unis

La situation économique s’embellit en Europe, quoique plus lentement qu’aux États-Unis, avec une croissance prévue de 4,2 % en 2021. Un retard de vaccination par rapport aux États-Unis s’est traduit par de plus longs confinements qui ont considérablement freiné la reprise. De plus, l’économie de la zone euro a reçu un soutien budgétaire moins élevé, à raison de 6 % du PIB contre 14 % aux États-Unis.

Néanmoins, certains signes indiquent que la reprise s’affermit en Europe. Malgré une hausse des prix des produits de base et des problèmes au niveau des chaînes d’approvisionnement, le secteur manufacturier européen (tiré par une plus forte demande à l’exportation) a fait preuve de robustesse. De fait, en juin, l’activité économique a connu sa plus forte expansion en 15 ans, sur fond d’allégement des restrictions dans de nombreux pays de la zone euro. L’indice des directeurs d’achats IHS Markit, qui est un indicateur clé, a bondi à 59,5 en juin contre 57,1 en mai, un sommet depuis juin 2006.

De même, l’optimisme des investisseurs est au plus haut depuis 2018. Cependant, nous avons continué de sous-pondérer les actions internationales qui constituent le plus petit compartiment de nos placements en actions. Par contre, nous chercherons des occasions d’investir dans cette catégorie d’actif durant les mois qui viennent.

Perspectives : Réduction de la surpondération des actions

Dans l’ensemble, nous avons surpondéré les actions au deuxième trimestre. Parmi les actions, nous surpondérions les États-Unis et les marchés émergents, nous étions neutres à l’égard du Canada et nous sous-pondérions les actions internationales.

  • Nous avons élagué nos positions surpondérées dans les actions.
  • Nous avons réduit la surpondération des actions américaines et sommes passés à une répartition plus équilibrée entre les titres de valeur et de croissance.
  • Nous avons maintenu la pondération neutre du Canada.
  • Nous sommes restés sous-pondérés à l’égard des actions de l’indice MSCI EAFE.
  • Nous surpondérons les actions des marchés émergents, dont la pondération pourrait toutefois baisser.
  • Nous sommes passés à une surpondération des obligations de sociétés à rendement élevé.

Nous continuerons à gérer les risques à court terme tout en recherchant des occasions à plus long terme. Cependant, pour l’instant, nous sommes à l’aise avec le positionnement de la série de Fonds Granite Sun Life.

 

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