Tout au long de 2019, la Banque du Canada (BdC) s’est abstenue de réduire son taux du financement à un jour, à contre-courant de ses homologues mondiales. Le gouverneur de l’institution, Stephen Poloz, a justifié cette position par la forte croissance de l’emploi. À sa dernière réunion, tenue le 4 décembre, la banque centrale a de nouveau laissé son taux directeur inchangé à 1,75 %. Nous croyons maintenant qu’à moins d’un ralentissement économique marqué, la BdC pourrait maintenir le statu quo jusque dans le courant de 2020. Une déclaration émanant de la BdC dit que les prochaines décisions concernant les taux d’intérêt seront guidées par l’évaluation continue des impacts défavorables des conflits commerciaux par rapport aux aspects résilients de l’économie canadienne, notamment la consommation discrétionnaire et l’habitation.

Au cours des prochains mois, Stephen Poloz devra continuer de mettre en balance la baisse des taux d’intérêt avec un certain nombre de risques. Par exemple, si la BdC réduit ses taux, cela pourrait, par le jeu des taux hypothécaires, faire grimper la demande sur certains marchés du logement déjà en proie à une bulle. Cela pourrait aussi inciter les consommateurs canadiens, dont l’endettement frôle déjà des records, à s’enfoncer encore plus dans le rouge.

À l’inverse, si la banque maintient le statu quo, l’économie pourrait s’affaiblir. En fait, certains signes donnent à entendre que l’activité économique a déjà commencé à se détériorer, la croissance du PIB étant ressortie à 0,0 % et 0,1 % respectivement en juillet et août. Qui plus est, au troisième trimestre, l’économie a progressé au taux annualisé de 1,3 % face au ralentissement de la croissance de l’emploi, signe que des vents défavorables pourraient bientôt souffler sur l’ensemble de l’économie.

Les investissements des entreprises ont également chuté et les exportations ont diminué. Les déséquilibres régionaux persistent, en particulier dans les provinces productrices d’énergie. Dans l’ensemble, la croissance économique devrait atteindre 1,5 % en 2019 et rester morose par la suite, étant attendue à 1,7 % en 2020 et à 1,8 % en 2021.

Sur une note positive, les dépenses des ménages font preuve de résilience, la situation solide de l’emploi et la hausse des salaires stimulant la consommation. De plus, le secteur du logement semble s’être stabilisé (certains marchés comme Calgary et Vancouver mis à part), soutenu en partie par la tendance descendante des taux d’intérêt depuis l’automne 2018.

Au bout du compte, l’orientation des taux d’intérêt en 2020 dépendra de l’issue du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis. Si celui-ci persiste ou s’aggrave, l’économie mondiale continuera de décélérer. M. Poloz a lui-même déclaré que la guerre commerciale représentait un risque majeur pour la croissance économique canadienne. Toutefois, à la BdC, on déclare que l’économie mondiale semble commencer à se stabiliser, et que l’on s’attend à ce que la croissance continuera d’augmenter au cours des deux prochaines années.

La BdC a tout de même réduit ses prévisions de croissance mondiale, qui passent à 2,9 % pour 2019, sur fond de ralentissement des investissements des entreprises et de l’activité manufacturière à l’échelle mondiale. La Banque mondiale est encore plus pessimiste : l’institution estime que la croissance pourrait chuter à 2,6 % et avertit que les risques sont nettement orientés à la baisse en raison du risque d’escalade des tensions commerciales.

Principaux taux directeurs des banques centrales

Le dollar canadien stagnera probablement

La fermeté de la BdC a contribué à la stabilité du dollar canadien pendant une bonne partie de 2019. Son évolution future dépendra de la décision de la banque centrale de réduire ou non ses taux. Pour l’heure, nous ne pensons pas que les marchés ont intégré l’éventualité d’une baisse de taux; le huard devrait donc continuer de fluctuer dans une fourchette comprise entre 0,73 et 0,76 $ US durant le prochain trimestre.

La Fed opte aussi pour le statu quo – pour le moment

L’économie des États-Unis demeure l’une des plus robustes du monde, le PIB américain ayant grimpé de 2,1 % au troisième trimestre, contre 1,9 % prévu antérieurement par le département du Commerce. La décision de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) de réduire par trois fois ses taux d’intérêt depuis juillet a peut-être contribué à cette progression.

Bien que le président Donald Trump ait à maintes reprises exigé que la Fed réduise ses taux de façon beaucoup plus rapide et plus marquée, le président de la Fed Jerome Powell a indiqué que les plus récentes baisses, qui ont ramené le taux des fonds fédéraux dans une fourchette cible comprise entre 1,5 % et 1,75 %, pourraient être les dernières du cycle actuel. Pour sa part, le marché semble penser que le statu quo de la Fed se prolongera au moins jusqu’au milieu de 2020.

Cela dit, la Fed, qui tiendra sa dernière réunion de l’année le 11 décembre, a à la fois la volonté et la latitude qu’il faut pour réduire ses taux d’intérêt au besoin. Or, depuis sa dernière baisse de taux à la mi-septembre, plusieurs indicateurs économiques clés ont témoigné d’un ralentissement de l’économie américaine, l’activité manufacturière et les investissements des entreprises souffrant de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.

Et la question de savoir si la plus récente série d’assouplissements monétaires pourra favoriser la poursuite de la croissance économique et convaincre la Fed de rester sur la touche sera suivie de près en 2020.

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