Points saillants

  • Les États-Unis et la Chine entament des négociations commerciales décisives.
  • La volatilité revient en force; les marchés boursiers chutent lourdement.
  • La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada relèvent leurs taux d’intérêt.
  • Les taux des obligations canadiennes et américaines se replient.
  • Le dollar canadien tombe à 0,73 $ US.
  • Le prix de référence du pétrole chute de 40 % pour se fixer à 45 $ US le baril.

La volatilité revient en force et les marchés signent leur pire trimestre depuis 2008

Les investisseurs sont souvent gratifiés d’un rebond de fin d’année en guise de cadeau de Noël. Comme nous nous y attendions, cette année a fait exception, les principaux indices ayant plongé vers la fin du quatrième trimestre. Au bout du compte, l’indice S&P 500 et l’indice Dow Jones des valeurs industrielles ont accusé des baisses respectives de 4,4 % et 3,9 % pour l’année, leur pire performance annuelle depuis 2008. La plupart des baisses ont été subies en décembre, mois marqué par une extrême volatilité, durant lequel les deux principaux indices ont enregistré leur plus bas rendement mensuel depuis 1931.

Le pire est-il derrière nous? Étant donné les préoccupations concernant la hausse des taux d’intérêt et les retombées continues de la guerre des tarifs entre les États-Unis et la Chine, la volatilité est appelée à persister. De façon générale cependant, vu les récents dégagements, nous demeurons à peu près neutres sur les actions. Nous ne nous attendons pas à un autre repli majeur et chercherons des occasions d’augmenter la pondération des actions en temps opportun.

Les principaux marchés chutent partout dans le monde

Avec la chute des marchés, nous anticipions un accroissement de la volatilité et de nouveaux replis. Afin d’atténuer le risque lié aux portefeuilles, nous avons effectué des opérations de couverture à l’égard de la volatilité, du marché boursier américain, notamment des valeurs technologiques, et des actions des marchés émergents. Nous avons aussi réduit la pondération des actions dans d’autres secteurs déterminés.

Les pertes du marché américain contrastent fortement avec les fondamentaux économiques actuels du pays. En fait, malgré les déboires de Wall Street, l’économie générale continue d’afficher une bonne tenue. La confiance des consommateurs est élevée, la croissance de l’emploi demeure solide et les salaires augmentent. Malgré cette conjoncture favorable, les investisseurs ont déserté le marché, de plus en plus préoccupés par la hausse des taux d’intérêt, l’escalade de la guerre des tarifs avec la Chine et le chaos politique sur fond de fermeture des services gouvernementaux à Washington.

Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a atteint un sommet historique en juillet. Toutefois, le pessimisme général du marché et la chute du prix du pétrole ont aggravé les inquiétudes des investisseurs, et l’indice a perdu 8.9 % sur l’ensemble de l’année (graphique 1).

En Europe, où l’économie semble au point mort, les craintes concernant les problèmes du système bancaire italien et l’enlisement apparent des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit) ont pesé sur le marché en 2018, l’indice MSCI EAEO ayant corrigé de 10.5 %.

Les actions des marchés émergents se sont également repliées en 2018, plombées par les enjeux liés au commerce international et par la hausse du dollar américain, l’indice MSCI Marchés émergents ayant dévissé de 9.7 %.

Tableau 1 : Les marchés chutent partout dans le monde

Ce graphique compare les rendements des marchés boursiers du monde entier au quatrième trimestre de 2018.

Source : Bloomberg.

La fed et la Banque du Canada relèvent leurs taux d’intérêt

La Réserve fédérale des États-Unis (Fed) a relevé son taux directeur de 25 points de base (pb) en décembre, son quatrième tour de vis depuis le début de 2018. Le graphique à points de la Fed montre l’opinion de chaque membre du Federal Open Market Committee quant à l’orientation que prendront les taux. En décembre, il laissait entrevoir la probabilité de deux hausses en 2019, soit une de moins que prévu en septembre, ainsi qu’un taux directeur proche de 2,9 % à la fin de 2019, comparativement à 3,1 % antérieurement.

Au contraire de son homologue américaine, la Banque du Canada a laissé ses taux inchangés en décembre après les avoir augmentés en octobre, en maintenant son taux du financement à un jour à 1,75 %. La probabilité d’un tour de vis en janvier dépend de plusieurs facteurs, dont les effets négatifs potentiels du récent effondrement du prix du pétrole sur l’économie canadienne.

Les taux obligataires se replient en amérique du nord

Les taux des obligations canadiennes ont diminué au quatrième trimestre. Le taux de l’obligation à 10 ans du gouvernement du Canada a commencé le trimestre à 2,27 % et l’a fini à 1,85 %. Le taux de l’obligation à 10 ans du Trésor américain a aussi baissé, terminant le trimestre à 2,69 %, en recul de 40 pb. Le repli des taux obligataires canadiens et américains semble indiquer que les investisseurs croient à un ralentissement de l’économie. Nous nous attendons toutefois à ce qu’ils remontent dans les deux pays cette année, car les taux d’intérêt poursuivront leur ascension, quoiqu’à un rythme plus lent que prévu.

L’effondrement du prix du pétrole assombrit l’économie Canadienne

La signature du nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada en septembre semble avoir réduit les risques pesant sur l’économie canadienne. L’effondrement du prix du pétrole au quatrième trimestre, qui a fait pression sur les actions liées à l’énergie, a toutefois entraîné un regain d’incertitude économique (graphique 2).

Le prix du Western Canada Select (WCS), le pétrole brut lourd de référence au Canada, est inférieur à celui du West Texas Intermediate, qui est passé d’un sommet de 76 $ US le baril en octobre à 45 $ US le baril le 31 décembre. L’écart, qui s’explique par le coût plus élevé du raffinage et du transport du pétrole lourd, s’est élargi, le prix du baril de pétrole canadien étant même à un certain moment tombé sous les 14 $ US.

Afin de freiner la chute des prix mondiaux du pétrole, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) (ainsi que ses alliés, dont la Russie) a convenu de réduire sa production. L’Alberta a également ordonné une réduction de 350 000 barils par jour de sa production pétrolière. Les décisions de l’OPEP et de l’Alberta ont fait rebondir les prix du pétrole, le baril de WCS se négociant à 45 $ le 31 décembre.

Les prix pétroliers sont appelés à remonter. Toutefois, il reste à savoir quel effet leur effondrement aura sur l’économie en général, qui suscite déjà d’autres inquiétudes. Pensons notamment à l’effet négatif que la hausse des taux d’intérêt commence à avoir sur les dépenses de consommation, à l’heure où l’endettement personnel des Canadiens atteint déjà des sommets. Les ventes de logements semblent également ralentir et pourraient encore se détériorer si les taux d’intérêt continuent de grimper.

Cela dit, plusieurs facteurs augurent bien pour l’économie, notamment la réalisation d’un énorme projet de gaz naturel liquéfié dans le nord de la Colombie-Britannique, évalué à 40 milliards de dollars. Étant donné l’ampleur des pertes de l’indice composé S&P/TSX, nous adoptons une position neutre. Nous ne tablons pas sur une croissance importante de ce côté, mais, étant donné les faibles niveaux de valorisation, notre positionnement sert davantage de stratégie de gestion du risque pour le cas où les marchés mondiaux se replieraient de nouveau.

Tableau 2 : Le secteur de l’énergie suit les prix du pétrole à la baisse

Ce graphique illustre les rendements des diverses catégories d’actifs de l’indice composé S&P/TSX au quatrième trimestre de 2018. La première place revient aux biens de consommation de base.

Source : Bloomberg.

États-unis : une économie dynamique, mais qui comporte des risques croissants

L’économie américaine continue d’afficher une bonne tenue grâce à la vigueur des créations d’emplois, et le billet vert demeure solide – sur fond toutefois de risques croissants. Trois enjeux préoccupent particulièrement les investisseurs : la Fed poursuit sa politique de resserrement (bien qu’elle ait assoupli sa position), la crise politique perdure à Washington avec la fermeture des services gouvernementaux, et la guerre des tarifs avec la Chine se poursuit.

Nous surveillons également de près les bénéfices des sociétés afin de déterminer si la guerre des tarifs entre les États-Unis et la Chine commence à affecter les deux économies. Certains signes négatifs ressortent déjà, l’indice des directeurs d’achats (représentatif de la production manufacturière aux États-Unis) étant tombé à son plus bas niveau depuis deux ans en novembre.

De plus, juste après la fin du trimestre, Apple a publié un avertissement sur résultats indiquant que ses ventes de iPhone en Chine avaient brutalement chuté en novembre. Le secteur technologique – en particulier les valeurs technologiques américaines à forte capitalisation, dont les «FAANG» (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google) – ont tiré la progression record du S&P 500. Bon nombre de ces mêmes sociétés avaient signé certaines des plus fortes baisses du marché en décembre.

Le chef de la direction d’Apple, Tim Cook, a imputé les bénéfices décevants à la guerre des tarifs et à l’essoufflement de l’économie chinoise. Si le ralentissement des ventes d’Apple en Chine s’étend à d’autres sociétés américaines dans l’ensemble de l’économie, ce sera peut-être le signe que l’impact de la guerre commerciale commence à se faire sentir dans les deux pays.

Face à ce contexte, nous avons réduit la pondération des actions américaines. À la suite des récents dégagements, nous pourrions toutefois trouver des occasions de l’augmenter de nouveau.

Le Brexit et l’Italie pèsent sur les marchés internationaux

La croissance de l’économie européenne semble au point mort. De plus, l’incertitude politique entourant le Brexit jette une ombre supplémentaire sur le marché.

On s’attend à ce que les députés britanniques rejettent l’accord de séparation avec l’Union européenne négocié de haute lutte par la première ministre Theresa May. Si le pays opte, au bout du compte, pour une «rupture brutale» et sort de l’Union sans accord commercial, nous nous attendons à ce que cela ait des conséquences économiques négatives non seulement sur le Royaume-Uni, mais aussi sur plusieurs pays de l’Union européenne.

En outre, la crainte perdure autour du risque de voir les problèmes du système bancaire italien se propager à l’ensemble du système bancaire européen si la situation se détériore encore.

Par conséquent, nous sous-pondérons les actions internationales. Seule exception : le Japon, dont le climat d’investissement et l’économie intérieure semblent s’améliorer.

Marchés émergents : Le pire est-il passé?

Nous croyons que les marchés émergents, qui ont été sous pression pendant la plus grande partie de 2018, ont déjà intégré le pire. Ces derniers pourraient donc surprendre à la hausse. Par ailleurs, selon nos estimations, les valorisations boursières sont redevenues attrayantes et les perspectives à long terme des marchés émergents demeurent potentiellement meilleures que celles des marchés développés.

Cela dit, nous surveillons de près l’économie chinoise afin de déceler tout signe d’aggravation du ralentissement. Pour l’instant, toutefois, nous surpondérons les marchés émergents et pourrions augmenter leur pondération lorsque l’occasion se présentera.

Perspectives : Pondération neutre des actions, sous-pondération des obligations

Nous restons essentiellement neutres sur les actions et privilégions les marchés émergents. Nous avons augmenté la proportion des liquidités et, étant donné la possibilité de nouvelles hausses de taux, nous continuons de sous-pondérer les obligations. Nous prévoyons réinvestir les liquidités en portefeuille lorsque l’occasion s’en présentera.

  • La croissance économique américaine semble toujours solide. Cependant, les craintes liées au commerce international et l’incertitude politique nous ont incités à réduire notre exposition. Nous prévoyons toutefois l’augmenter lorsque l’occasion s’en présentera.
  • La croissance économique canadienne pourrait ralentir sous l’effet de la chute du prix du pétrole. De plus, la hausse des taux d’intérêt pourrait éroder les dépenses de consommation et aggraver le ralentissement du marché du logement. Nous restons neutres à l’égard du Canada.
  • La décélération de l’économie, les négociations conflictuelles sur le Brexit et les déboires du système bancaire italien pèsent sur les marchés européens. Nous sous-pondérons les actions internationales.
  • Le pire de la correction est peut-être passé sur les marchés émergents, et nous pourrions augmenter notre surpondération si l’occasion se présente.
  • Nous prévoyons que le dollar canadien s’inscrira dans une fourchette de 70 à 75 cents US au cours des prochaines semaines. Cependant, le huard reste très dépendant du prix du pétrole, du commerce international et de la vigueur de l’économie américaine. Par conséquent, il pourrait subir de nouvelles pressions à la baisse.
  • Les taux des obligations canadiennes et américaines pourraient monter en 2019; par conséquent, nous sous-pondérons cette catégorie d’actif. Cependant, étant donné l’incertitude économique et la volatilité accrue du marché, détenir des obligations est essentiel pour améliorer la stabilité du portefeuille en période d’incertitude.

Dans l’ensemble, le chemin qui nous attend ne sera pas de tout repos. Nous chercherons des façons de réduire le risque et de tirer profit des possibilités de placement. Pour le moment cependant, nous sommes satisfaits du positionnement de nos portefeuilles.

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