Points saillants

  • Le Canada signe une version refondue de l’ALENA avec les États-Unis et le Mexique
  • Le nouveau pacte commercial fait monter le prix du brut au-dessus de 75 $ US le baril
  • La nouvelle entente commerciale élève le dollar canadien au-dessus de 0,78 $ US
  • Les États-Unis enveniment leur différend commercial avec la Chine
  • Les marchés boursiers affichent des résultats mitigés
  • La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada relèvent les taux d’intérêt
  • Les taux obligataires montent au Canada et aux États-Unis

Le Canada signe une entente commerciale tandis que les guerres tarifaires se poursuivent

Le Canada, les États-Unis et le Mexique ont signé une nouvelle entente commerciale remplaçant l’ALENA. Cependant, quelques jours avant, le président américain Donald Trump a accentué la pression sur la Chine en imposant des droits de douane de 10 % sur 200 milliards de dollars de plus de biens chinois entrant aux États-Unis. La Chine a immédiatement répliqué par des droits de 5 % à 10 % sur 60 milliards de dollars de produits importés des États-Unis. Il s’agit là d’une escalade marquée dans un différend qui ne sera pas facile à résoudre, les négociations commerciales entre les deux pays ayant même été rompues à un certain moment.

La nouvelle mouture de l’ALENA, appelée Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), apparaît bonne pour notre pays. La majorité des dispositions de l’ALENA sont reconduites, moyennant quelques changements mineurs. De plus, des éléments importants comme le mécanisme de règlement des différends restent fermement en place.

Le nouveau pacte est conclu pour 16 ans, avec une révision au bout de six ans. Cette durée pourrait être un gage de stabilité et devrait dissiper une partie de l’incertitude entourant l’économie canadienne, qui a refroidi les investissements en immobilisations de sources étrangère et intérieure depuis le début des négociations il y a 14 mois.

Le marché boursier américain demeure en tête?

Malgré le différend commercial en cours avec la Chine et les interminables controverses entourant le président Trump, les fondamentaux de l’économie américaine continuent de l’emporter, le S&P 500 atteignant un sommet historique (graphique 1).

Au Canada, malgré la signature d’une nouvelle entente commerciale, d’autres sources d’inquiétude persistent, comme le ralentissement des ventes de logements et l’essoufflement des dépenses de consommation. Cette faiblesse s’est reflétée dans le rendement de l’indice composé S&P/TSX qui a perdu 0,57 % au deuxième trimestre.

En Europe, deux grands risques subsistent : l’instabilité politique en Italie et l’incertitude entourant le Brexit au moment où l’Union européenne a largement rejeté la nouvelle proposition de séparation du Royaume-Uni. C’est pourquoi le marché boursier a à peine monté malgré la situation économique encourageante de la zone euro.

Durement touchées par la hausse du dollar américain et les incertitudes commerciales, les actions des marchés émergents ont baissé pour un deuxième trimestre de suite. L’Inde et la Chine ont mené ce recul. Un dégagement du secteur financier a freiné la croissance à court terme du marché indien, tandis que la Chine souffre de son différend commercial avec les États-Unis.

Globalement, nous restons d’avis que les marchés boursiers pourraient monter d’ici la fin de l’année. Cependant, après 10 ans de hausse, le S&P 500 ne sera peut-être pas l’indice le plus performant au quatrième trimestre. Nous envisageons donc de déplacer une partie de notre argent ailleurs dans le monde.

Graphique 1 : le s&p 500 atteint un sommet historique

Source : Bloomberg.

Les taux d’intérêt continuent de monter

Le Federal Reserve Board a relevé ses taux d’intérêt en septembre après avoir marqué une pause en août. Son graphique à points montre l’opinion de chaque membre du Federal Open Market Committee quant à l’orientation que prendront les taux. Actuellement, il laisse entrevoir la probabilité d’un relèvement de plus en 2018 et de trois autres en 2019.

De son côté, la Banque du Canada a haussé ses taux en juillet, mais marqué une pause en août. On s’attend à un autre relèvement des taux en octobre, après quoi la Banque se laissera vraisemblablement le temps d’évaluer les données économiques, en plus de devoir maintenant prendre en compte l’impact positif du nouvel accord commercial dans ses perspectives économiques.

Les taux obligataires grimpent en amérique du nord

Les taux obligataires canadiens ont fortement augmenté au troisième trimestre devant la bonne tenue persistante de l’économie du pays. Le taux de l’obligation du Canada à 10 ans a commencé le trimestre à 2,14 % et l’a terminé à 2,42 %. Le taux de l’obligation du Trésor américain à 10 ans a lui aussi grimpé et de nouveau dépassé 3,0 %, terminant le trimestre à 3,05 %, en hausse de 20 points de base. Cette progression des taux obligataires américains témoigne d’une confiance soutenue dans les fondamentaux des États-Unis, qui s’ajoute à la hausse des taux d’intérêt. Nous nous attendons à ce que les taux obligataires continuent d’augmenter dans les deux pays au quatrième trimestre.

Le nouvel accord commercial réduit les risques pesant sur l’économie canadienne

Le nouveau pacte commercial réduit sans doute les risques pesant sur l’économie canadienne, ce qui pourrait doper les actions canadiennes. De plus, une moindre incertitude pourrait faire croître les investissements en immobilisations de sources étrangère et intérieure au Canada. Par contre, l’économie présente encore des points faibles alors que la progression des taux d’intérêt commence à peser sur les dépenses de consommation et sur le marché du logement où les ventes ralentissent (bien que les prix montent encore).

Cependant, la hausse des prix du pétrole pourrait encore aider l’économie canadienne. L’OPEP s’est engagée à contenir l’offre afin de maintenir les prix dans la fourchette de 70 $ US le baril. Hélas, le cours des actions du secteur de l’énergie n’a pas suivi l’augmentation du prix du pétrole (graphique 2).

Cela dit, les valorisations boursières paraissent plus intéressantes au Canada – indice composé S&P/TSX – que dans bien d’autres parties du monde. Nous pensons aussi que cet indice pourrait monter légèrement au quatrième trimestre, dopé par le nouveau pacte commercial.

Graphique 2 : les titres technologiques et financiers en haysse, L’Énergie À la traÎne

Source : Bloomberg.

L’économie américaine reste forte, mais jusqu’à quand?

Ces temps-ci, nous nous demandons souvent pendant encore combien de temps l’économie américaine peut croître à sa cadence actuelle. Nous observons très peu d’indices d’une détérioration des fondamentaux économiques, et la confiance des consommateurs frôle des sommets historiques. Nous assistons à la création d’emplois bien payés et, malgré les perturbations qu’elle entraîne, la politique commerciale du président Trump conférera probablement un avantage aux États-Unis à court terme. Les bénéfices restent solides, mais les valorisations paraissent quelque peu tendues.

La durée de l’ascension des actions américaines dépendra en fait de l’évolution des échanges commerciaux mondiaux, notamment avec la Chine. Pour l’instant, nous continuons de surpondérer légèrement les actions américaines.

Les marchés internationaux prurraient grimper

Dans la zone euro, l’économie reste stable, avec une croissance raisonnable qui ne s’est toutefois pas beaucoup améliorée récemment. L’aboutissement du Brexit inquiète de plus en plus, et les problèmes posés par le gouvernement eurosceptique et le système bancaire fragile de l’Italie demeurent entiers.

Cependant, il pourrait y avoir une rotation vers les marchés internationaux qui se sont laissés distancer par le marché américain et qui attirent par de plus faibles valorisations et un possible regain de croissance. Nous avons donc augmenté notre exposition à ces marchés en les surpondérant légèrement.

Les marchés émergents restent prisonniers d’une guerre commerciale

Bien qu’ils puissent offrir des perspectives de croissance parmi les plus élevées à long terme, les marchés émergents sont actuellement plombés par les enjeux relatifs au commerce international. Vu l’escalade du différend commercial entre la Chine et les États-Unis, il est difficile d’entrevoir une possibilité de hausse immédiate de ces marchés. Il est également difficile de savoir quand le différend va prendre fin, mais son règlement pourrait faire monter en flèche les rendements. Nous continuons de sous-pondérer légèrement les marchés émergents, compartiment que nous pourrions toutefois étoffer à la longue.

Perspectives : la progression des marchés devrait se poursuivre

Nous sommes légèrement optimistes à l’égard des marchés boursiers, mais nous avons quelque peu modifié notre positionnement géographique.

Les États-Unis nous inspirent encore confiance vu leurs fondamentaux économiques solides. Cependant, à l’approche des élections de mi-mandat et devant l’escalade du différend commercial avec la Chine, nous avons légèrement réduit la pondération de ce marché, qui a beaucoup monté.

L’Europe nous inspire davantage confiance et nous y avons redirigé une partie des fonds que nous avons sortis des États-Unis. Nous croyons que l’incertitude entourant l’issue de la négociation du Brexit et les problèmes politiques qui persistent en Italie se reflètent dans le marché. De plus, l’économie affiche une bonne tenue et pourrait surprendre agréablement.

Au Canada, de nombreux risques économiques ont été pris en compte dans le marché, sur lequel des pressions s’exercent depuis quelques années. Cependant, le règlement de la question de l’ALENA pourrait entraîner une embellie des cours. De plus, la hausse du prix du pétrole devrait soutenir l’économie, tandis que le marché du logement pourrait connaître un atterrissage en douceur. Nous restons neutres à l’égard du Canada pour l’instant.

À notre avis, les marchés émergents vont finir par secouer le joug des enjeux commerciaux qui les ont plombés. Nous y voyons des possibilités intéressantes à plus long terme. Nous prévoyons donc de profiter des prochains replis pour accroître leur pondération.

Suivant l’annonce de la nouvelle entente commerciale, le dollar canadien a bondi à un sommet de quatre mois, grimpant tout juste au-dessus de 0,78 $ US. Nous nous attendons à ce qu’il oscille dans une fourchette étroite durant les mois qui viennent.

Les taux de rendement des obligations devraient continuer de monter au Canada et aux États-Unis en 2018, ce qui risque d’être négatif pour les marchés obligataires. Cependant, les taux de rendement commencent à devenir plus attrayants, ce qui pourrait inciter les investisseurs à étoffer leurs positions dans les obligations.

Globalement, notre opinion sur les fondamentaux de l’économie mondiale n’a pas changé. Un nouvel accord commercial a été conclu en Amérique du Nord, mais les tensions commerciales avec la Chine se sont accentuées. Nous demeurons légèrement optimistes quant aux actions et privilégions les marchés étrangers. Nous continuons de sous-pondérer les obligations. Les valorisations étant tendues, nous nous méfions encore des obligations de sociétés à rendement élevé et observons des occasions plus intéressantes ailleurs.