Points saillants

  • Les états-unis et la chine reprennent leurs négociations commerciales
  • Le s&p 500 atteint un sommet historique
  • La réserve fédérale américaine adopte un ton conciliant à l’égard des taux d’intérêt
  • Les taux des obligations canadiennes et américaines se replient
  • Le dollar canadien grimpe à 0.76 $ us
  • Les prix du pétrole chutent et se négocient dans une fourchette de 60 $ us le baril

L’attitude conciliante de la Fed fait monter le marché

Au deuxième trimestre, le ralentissement de la croissance et les escarmouches que se livrent les États-Unis et la Chine dans leur guerre commerciale ont créé un mur d’inquiétude que les marchés boursiers ont pourtant réussi à escalader, l’indice S&P 500 atteignant même un sommet historique. La majorité des autres marchés du monde ont également clôturé le trimestre en hausse. Cet optimisme trouve sa source dans la possibilité que la Réserve fédérale américaine abaisse les taux d’intérêt dans l’espoir de prolonger la phase d’expansion économique qui dure maintenant depuis dix ans – l’une des plus longues de l’histoire.

Pour l’instant, l’économie américaine maintient sa bonne performance, soutenue par une forte création d’emplois et par de vigoureuses dépenses de consommation. Cependant, dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale et de guerre des tarifs, les risques s’infléchissent dans une direction baissière. Ainsi, bien que nous surpondérions encore légèrement les actions américaines et canadiennes, nos positions en actions étaient sous-pondérées de 3 % à la fin du trimestre.

La guerre tarifaire ayant un impact négatif sur les pays émergents, nous avons sous-pondéré les actions de ces marchés qui étaient auparavant légèrement surpondérées. Nos inquiétudes s’étendent aux actions européennes, que nous sous-pondérons désormais vu le ralentissement de l’économie de la zone euro dans une conjoncture politique toujours incertaine.

Les marchés mondiaux en hausse, mais les gains ralentissent

L’espoir d’une baisse des taux d’intérêt a stimulé les marchés mondiaux. Au deuxième trimestre, l’indice S&P 500 a gagné 4.3 %, tandis que la hausse a été de 2.2 % pour l’indice MSCI World et de 3.0 % pour l’indice MSCI EAFE – ce dernier étant freiné par le ralentissement de l’économie européenne et l’impasse du Brexit qui continue de nuire aux investissements dans la zone euro.

Les retombées économiques de la guerre commerciale ont également entravé la croissance chinoise, avec des répercussions négatives dans bien des pays émergents. Malgré cela, l’indice MSCI Emerging Markets a diminué de 0,44 % au deuxième trimestre.

Au pays, la croissance de l’emploi a continué de surprendre à la hausse et l’indice composé S&P/TSX a gagné 2.6 % au deuxième trimestre. C’est l’un des pays les plus performants, en raison de la vigueur des valeurs technologiques. (graphique 1).

Graphique 1 : Progression mondiale des marchés boursiers

Les taux obligataires nord-américains ont diminué

Les taux obligataires ont fortement chuté au deuxième trimestre, largement en raison de l’attitude conciliante de la Fed. Le taux des obligations à 10 ans du gouvernement du Canada a commencé le trimestre à 1.66 % et l’a terminé à 1.46 %. Le taux des obligations à 10 ans du Trésor américain a aussi diminué en raison des perspectives de la Fed, terminant le trimestre à 2 % en baisse de 50 pb. L’écart entre les taux obligataires canadiens et américains s’est resserré, notamment parce que la Banque du Canada n’a pas adopté un ton aussi conciliant que la Fed.

Les marchés misent sur une baisse de taux de la Fed

L’orientation que prendra le marché dépend peut-être du président de la Fed, Jerome Powell. Début juin, ce dernier a lancé le marché sur une pente ascendante en laissant entendre que son institution pourrait abaisser les taux d’intérêt si les conflits commerciaux finissaient par ralentir la croissance économique américaine. Le marché a immédiatement escompté jusqu’à trois baisses de taux d’un quart de point. Cependant, on peut se demander quand (et même si) cela va se produire.

En fait, à sa réunion du 19 juin, la Fed a laissé son taux du financement à un jour inchangé. Le marché, qui a par la suite rebondi, a subi un dégagement lorsque Powell a paru moins certain du nombre de baisses futures des taux. Les perspectives des taux sont devenues encore plus nébuleuses lorsqu’il a été annoncé que les États-Unis avaient créé 224 000 emplois en juin – atténuant la crainte d’un début de ralentissement de l’économie américaine.

Par ailleurs, le débat sur les taux d’intérêt a fait naître des interrogations sur l’indépendance de la Fed. Le président américain Donald Trump a critiqué Powell à maintes reprises, allant jusqu’à accuser la Fed de se comporter en « enfant têtu » en tardant à abaisser les taux. Les attaques de Trump ont soulevé des questions sur la crédibilité de la Fed, suggérant que les décisions de Powell sont influencées par la Maison-Blanche – ce que Powell a vivement nié.

Contrairement à son homologue américain, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, n’a pas encore donné le signal d’un virage conciliant. La BdC a maintenu son taux d’intérêt directeur stable à 1,75 % à sa réunion de mai. Cependant, l’approche de Poloz à l’égard des taux d’intérêt, combinée à la forte création d’emplois et à l’amélioration de l’économie canadienne, a aidé le dollar canadien à passer de 0,75 $ US à 0,76 $ US au deuxième trimestre.

En fin de compte, Poloz doit équilibrer les risques pour l’économie entre les taux d’intérêt et d’autres facteurs, comme un renforcement du huard et des mesures futures de la Fed. En effet, la récente hausse du dollar canadien en est partie due à la tournure conciliante de la Fed. Si la Fed devait opérer deux baisses de taux, le huard pourrait monter encore plus; ceci risquerait de nuire aux exportations canadiennes et la BdC trouverait difficile de ne pas emboîter le pas à la banque centrale américaine.

L’économie canadienne donne des signes de reprise

Après avoir frôlé la stagnation au premier trimestre, l’économie canadienne a pris du mieux au deuxième, le PIB progressant de 0,3 % en avril. La création d’emplois a elle aussi été au rendez-vous, le chômage chutant à près de 5,4 % -- le taux le plus bas depuis 1976. Sauf dans des villes comme Vancouver et Calgary, les prix des logements semblent se stabiliser. De plus, bien que les consommateurs soient encore essoufflés, un repli des coûts d’emprunt leur a donné une bouffée d’air.

L’industrie minière, pétrolière et gazière a connu l’une de ses plus fortes progressions mensuelles en avril, la production pétrolière s’accroissant avec la hausse des limites imposées en Alberta. Néanmoins, les prix du pétrole pourraient fortement fluctuer selon l’équilibre entre l’offre et la demande et d’autres risques géopolitiques, comme l’embargo sur le pétrole iranien.

Certains aspects de l’économie canadienne continuent de nous préoccuper, y compris l’endettement quasi record des consommateurs. Toutefois, à notre avis, les actions canadiennes représentées par l’indice composé S&P/TSX pourraient mieux résister à un dégagement des marchés que les actions d’autres pays. Nous avons donc renforcé notre exposition à cet indice qui est désormais légèrement surpondéré.

Graphique 2 : Le secteur des technologies permet à l’indice composé S&P/TSX de gagner du terrain

L’économie américaine continue d’afficher une bonne tenue

L’économie américaine continue d’afficher une bonne tenue : le chômage est à 3,6 % (un plus bas en 50 ans) et les dépenses des ménages sont restées vigoureuses. Ceci ne signifie pas que les risques soient absents. Le cycle économique est très avancé et d’une longévité historique exceptionnelle, l’orientation future de la politique monétaire est incertaine et la guerre tarifaire sino-américaine semble ralentir l’économie mondiale.

Le secteur technologique américain, dont les géants Google, Amazon et Facebook, fait aussi l’objet de surveillance accrue de la part du Congrès et du Département de la Justice. De plus en plus de politiciens et d’organismes de réglementation demandent des comptes aux grandes sociétés technologiques concernant les manquements à la protection de la vie privée et la concurrence. Le débat sur le fractionnement de ces sociétés a aussi fait surface dans la course à l’investiture démocrate. Nous nous attendons à ce que l’effervescence politique s’intensifie à mesure que nous approchons de la campagne électorale de 2020.

Comme nous l’avons dit, les risques les plus importants à court terme pour le marché américain pourraient bien résider dans la capacité de la Fed d’abaisser les taux d’intérêt et dans l’aboutissement de la guerre commerciale sino-américaine qui risque encore de ralentir fortement l’économie mondiale et d’éroder les bénéfices des entreprises.

Cependant, le marché s’est redressé à la fin du trimestre lorsque les États-Unis et la Chine ont convenu de reprendre leurs négociations commerciales. Cette décision est bonne pour les entreprises américaines et elle repousse la possibilité de voir les États-Unis imposer des tarifs à une tranche supplémentaire de 300 milliards de dollars de biens importés de Chine. Par contre, même une entente entre l’administration Trump et la Chine ne mettrait pas nécessairement fin aux tensions commerciales. En effet, les États-Unis envisagent d’imposer des tarifs sur 4 milliards de dollars de biens importés de l’Union européenne, dont le secteur automobile.

Malgré ces incertitudes, l’économie américaine demeure à nos yeux la plus forte du monde et elle bénéficie d’une politique monétaire plus souple. C’est pourquoi nous surpondérons légèrement les actions américaines.

La paralysie du Brexit mine l’économie européenne

La paralysie du Brexit demeure une source d’incertitude qui nuit à l’économie européenne. Elle a entraîné la démission de la première ministre britannique, Theresa May, dont les candidats à la succession, le tenant d’un Brexit dur Boris Johnson en tête, ne proposent aucun moyen clair de sortir de l’impasse – faisant penser que le Brexit va continuer à plomber la croissance.

L’indice des directeurs d’achat montre un ralentissement du secteur manufacturier en Europe, y compris en Allemagne, première économie de l’Union européenne. Ce pays a vu fortement chuter ses exportations manufacturières vers la Chine, son principal partenaire commercial, dont l’économie est ralentie par la guerre tarifaire sino-américaine. De fait, la Bundesbank prévoit désormais une croissance d’à peine 0,6 % cette année, alors qu’elle s’attendait à 1,6 % en décembre dernier.

Réagissant aux problèmes économiques plus généraux de l’Europe, la Banque centrale européenne a annoncé récemment qu’elle maintiendrait les taux d’intérêt directeurs à des creux record jusqu’en 2020. Jusqu’à ce que nous observions des signes d’embellie économique et politique, nous continuons de sous-pondérer les actions de la zone EAEO.

Les marchés émergents plombés par la guerre commerciale

L’économie chinoise a ralenti sous le poids de la guerre tarifaire avec les États-Unis. Le gouvernement espère que la croissance du PIB se stabilisera autour de 6 % à 6,5 % cette année, mais l’incertitude provoquée par le différend commercial subsiste.

La Chine a pris des mesures pour stimuler son économie, mais ses problèmes ont eu des retombées négatives sur d’autres pays émergents. En effet, les marchés émergents sont très sensibles aux risques externes, comme un ralentissement de la croissance mondiale et un changement dans la politique monétaire américaine.

Toutefois, il n’y a pas eu que du négatif. Les actions indiennes ont franchi des sommets historiques après les élections fédérales de mai, qui ont donné une majorité au premier ministre Narendra Modi et à son parti Bharatiya Janata, favorable à la croissance.

Nous restons optimistes quant aux perspectives de croissance à long terme de nombreux pays émergents comme l’Inde, vu leurs facteurs démographiques et leur situation budgétaire plus solides. Cependant, en attendant que se dissipe le brouillard entourant les échanges commerciaux et l’orientation des taux d’intérêt, nous avons décidé de sous-pondérer les actions des marchés émergents, qui étaient auparavant légèrement surpondérées.

Perspectives : nette sous-pondération des actions et des titres de crédit

Sauf en ce qui concerne les titres américains et canadiens, nous sous-pondérons les actions. Du côté des titres à revenu fixe, nous surpondérons les obligations canadiennes, mais sous-pondérons les obligations à rendement élevé et les titres de créance des marchés émergents.

  • La croissance économique restant solide aux États-Unis, nous surpondérons légèrement les actions américaines.
  • L’indice composé S&P/TSX étant susceptible de mieux résister à un dégagement boursier, nous surpondérons légèrement les actions canadiennes.
  • Le Brexit minant l’économie européenne et la Chine important moins de produits allemands, nous terminons le trimestre sous-pondérés de près de 2 % en actions de la zone EAEO.
  • Nous sommes passés à une légère sous-pondération des marchés émergents, qui ont souffert de la guerre commerciale et du ralentissement de l’économie chinoise.
  • Si la Fed n’abaisse pas ses taux d’intérêt, le dollar canadien risque de fléchir quelque peu après sa forte ascension.
  • Nous préférons les liquidités aux obligations, étant donné le faible écart entre leurs rendements.

Globalement, nous cherchons des façons de réduire les risques et de tirer parti des possibilités de placement. Pour le moment cependant, nous sommes à l’aise avec le positionnement des Portefeuilles gérés Granite Sun Life.

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