Points saillants

  • Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine entrent dans un stade crucial
  • Les marchés se sont redressés au cours du trimestre
  • La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada laissent les taux d’intérêt inchangés
  • Les taux des obligations canadiennes et américaines se replient
  • Le dollar canadien est monte à 0,75 $ US
  • Les prix de référence du pétrole ont grimpé à 60 $ US le baril

Les marchés boursiers ont connu leur meilleur début d’année depuis 1998

Les marchés boursiers ont chuté au cours des dernières semaines de 2018, les investisseurs étant préoccupés par le ralentissement du commerce mondial, la hausse des taux d’intérêt et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Mais, en janvier, la Réserve fédérale américaine (Fed) est passée d’une approche restrictive à une approche accommodante en matière de taux d’intérêt, et la rhétorique concernant le commerce international s’est adoucie. Cela a été suffisant pour déclencher une vague d’optimisme chez les investisseurs, qui a fait progresser l’indice S&P 500 de 13,6 % au premier trimestre – son meilleur début d’année depuis 1998.

L’économie américaine continue de bien se comporter et le S&P 500 a recouvré toutes ses pertes de l’an dernier. Cependant, le premier trimestre pourrait être le meilleur trimestre de cette année. De plus, nous nous attendons à des gains limités et à une volatilité accrue au cours des prochains mois. Actuellement, nous sommes neutres à l’égard des actions en général, sauf pour ce qui est des actions américaines et des actions des marchés émergents, que nous surpondérons légèrement.

En raison de nombreuses incertitudes économiques, dont un ralentissement de la croissance de l’économie mondiale qui devrait encore se fait sentir, nous avons adopté un certain nombre de stratégies défensives au premier trimestre. Ainsi, nous avons notamment pris des positions de couverture défensives à l’égard du S&P 500. Nous avons aussi réduit nos placements dans les obligations à rendement élevé, qui pourraient se déprécier advenant une correction des marchés, et accru la pondération de nos obligations canadiennes de première qualité.

Les marchés boursiers ont progressé partout dans le monde

La plupart des marchés boursiers du monde ont inscrit des gains, l’indice MSCI World augmentant de 12,33 % au premier trimestre. Comme le marché boursier américain, les marchés internationaux ont été soutenus par des banques centrales accommodantes et les espoirs d’une trêve dans le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine.

Au Canada, l’économie a faibli à la fin de 2018, et la Banque du Canada a signalé qu’elle pourrait mettre la pédale douce sur les hausses de taux d’intérêt. Même si l’économie a semblé ralentir, l’indice composé S&P/TSX a augmenté de 15,44 % au premier trimestre (figure 1), grâce surtout aux robustes rendements des actions du secteur de la santé et à la hausse des prix du pétrole vers la fin du trimestre.

L’indice MSCI EAFE a augmenté de 10,05 % au premier trimestre. Ce gain a été réalisé même si la croissance de l’économie européenne devrait diminuer pour s’établir à 1 % au cours des 12 prochains mois. Et les difficultés déstabilisantes du Royaume-Uni pour quitter l’Union européenne (UE) continuent de nuire aux investissements dans la zone euro.

Même si la Chine fait face à une demande intérieure anémique et à des tarifs douloureux, les marchés émergents ont inscrit des gains, l’indice MSCI Emerging Markets augmentant de 9,90 %. Les actions des marchés émergents se sont appréciées en raison de l’optimisme entourant les pourparlers commerciaux entre les États-Unis et la Chine, et de la possibilité que la Fed demeure passive, ce qui réduirait les pressions à la hausse sur le dollar américain.

Figure 1 : Les marchés boursiers ont progressé partout dans le monde

La Fed et le Banque du Canada laissent les taux d’intérêt inchangés

La chute des marchés à la fin de 2018 et l’affaiblissement de la croissance de l’économie mondiale pourraient avoir influé sur la décision de la Fed d’adopter une approche plus accommodante à l’égard des taux d’intérêt. La principale cause de la remontée des marchés boursiers au premier trimestre a certainement été la possibilité que la Fed n’augmente pas les taux d’intérêt avant longtemps. Le marché obligataire semble même anticiper une réduction des taux d’intérêt, puisque le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans a chuté pour s’établir à 2,4 % à la fin du trimestre.

Même sans réduction de taux, à sa dernière réunion le 29 mars, le graphique à points de projections de la Fed indique que le taux directeur pourrait demeurer près de 2,4 % au moins jusqu’à la fin de 2019. Et la prévision de la Fed pour cette année est passée de deux hausses à aucune.

Bien que cela soit moins clair, la Banque du Canada semble aussi avoir modifié ses perspectives à l’égard des taux d’intérêt. À la fin de 2018, elle avait indiqué que les taux d’intérêt pourraient augmenter. L’économie semble avoir ralenti depuis, et Stephen Poloz, le gouverneur de la banque centrale, a récemment déclaré que «l’incertitude a augmenté» en ce qui concerne le moment des prochaines hausses.

Cependant, nous pensons que l’économie canadienne se détériorera au cours des prochains mois et que la banque du Canada ne relèvera pas les taux d’intérêt dans un avenir proche.

Les taux obligataires nord-américains ont diminué

Les taux des obligations canadiennes ont diminué au premier trimestre, peut-être dans l’anticipation d’un ralentissement de l’économie et d’une Banque du Canada plus passive. Le taux des obligations à 10 ans du gouvernement du Canada a commencé le trimestre à 1,9 % et l’a terminé à 1,6 %. Le taux des obligations à 10 ans du Trésor américain a aussi diminué en raison des perspectives de la Fed, terminant le trimestre à 2,4 %, en baisse de 26 points de base. Cependant, tant que nous n’aurons plus de certitude à l’égard de l’économie mondiale, nous prévoyons que les taux obligataires augmenteront, mais très lentement.

Des signaux contrastés concernant l’économie canadienne

L’économie canadienne n’a progressé que de 0,1 % au quatrième trimestre de 2018, sa pire performance trimestrielle depuis deux ans et demi.

Bien que l’emploi ait bondi en janvier, nous croyons que l’économie canadienne ralentit. Les consommateurs, dont l’endettement se situe à un niveau record, ont commencé à réduire leurs dépenses, les cinq hausses de taux d’intérêt décrétées depuis juillet 2017 ayant accru le coût des emprunts. De plus, ces taux plus élevés semblent avoir freiné le marché de l’habitation, puisque les prix diminuent dans plusieurs marchés canadiens importants.

Cela dit, il y a plusieurs éléments positifs, dont le bond des prix du pétrole à la fin du premier trimestre, qui a porté le prix du baril du pétrole West Texas Intermediate à 60 $ US le 29 mars. La hausse des prix du pétrole et le rétrécissement spectaculaire de l’écart entre le prix américain et le prix du Western Canadian Select, qui se négociait à 50 $ le baril, devraient aider le secteur canadien de l’énergie (figure 2).

Étant donné les réductions de production récemment annoncées par l’Arabie saoudite et la Russie, et l’instabilité politique persistante au Venezuela, les prix du pétrole pourraient demeurer près de ces niveaux à court terme, selon nous.

Cependant, tant que nous n’aurons pas plus de certitudes à l’égard de la direction de l’économie canadienne, nous continuerons de sous-pondérer les actions canadiennes.

Figure 2 : Le secteur de l’énergie suit la marche ascendante des prix du pétrole

L’économie américaine est encore la plus robuste du monde

L’économie américaine a affiché sa plus faible croissance en trois ans au premier trimestre, car les dépenses de consommation (un important moteur de l’économie américaine) ont à peine augmenté. Cependant, les taux d’intérêt demeurent faibles, la création d’emplois est encore robuste et la confiance des consommateurs se redresse. Cela indiquerait que le ralentissement observé a probablement été une réaction temporaire à la chute du marché boursier de l’an dernier et au chaos politique à Washington entourant la fermeture partielle du gouvernement.

En effet, la création d’emplois s’est fortement redressée en mars, le nombre d’emplois non agricoles augmentant de 196 000, ce qui était supérieur à la prévision consensuelle, et le taux de chômage se maintenant à 3,8 %.

Les entreprises américaines ont connu une solide année 2018, leurs profits augmentant de 7,8 %, leur plus forte hausse en six ans. Cependant, nous pensons que la croissance des profits des entreprises sera plus faible au premier trimestre, mais l’ampleur de la baisse reste à voir. Et, étant donné que les entreprises américaines tirent près de 25 % de leurs profits de l’extérieur du pays, une résolution du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine serait assurément une bonne nouvelle.

Cela dit, même si une trêve devait être conclue avec la Chine, les tendances protectionnistes de Washington pourraient continuer. De plus maintenant que le président américain Donald Trump a été lavé de tout soupçon de collusion avec la Russie par l’enquête Muller, il pourrait se sentir moins contraint. Et il n’est aucunement garanti que la Maison-Blanche ne s’enhardira pas et ne mènera pas une politique commerciale plus agressive à l’égard de l’Europe.

Cependant, nous pensons que l’économie américaine est encore la plus robuste du monde et continuons de surpondérer légèrement les actions américaines.

Le Brexit pèse sur l’économie européenne

La croissance économique au sein de l’UE a ralenti au premier trimestre et pourrait passer de 1,8 % en 2018 à 1 % en 2019. Ce ralentissement est causé par la diminution du commerce extérieur et des investissements étrangers, ainsi que par la faiblesse des marchés financiers européens.

Le ralentissement économique sur le continent a été aggravé par un fléchissement des investissements dans la foulée de l’incertitude politique entourant les efforts du Royaume-Uni pour sortir de l’UE. De plus, l’économie de l’Italie continue de se contracter, ce qui a fait surgir le spectre d’une contagion financière à toutes les banques de l’UE, qui détiennent près de 476 G$ US de titres de créance gouvernementaux et privés italiens.

Les incertitudes politiques et économiques en Europe, combinées à un ralentissement du commerce mondial, pourraient réduire encore plus la croissance économique au sein de l’UE. Par conséquent, nous sous-pondérons les actions européennes et sommes neutres à l’égard de l’ensemble des actions d’EAFE.

Les marchés émergents dans l’attente de la Chine

L’économie chinoise, en partie à cause de la guerre des tarifs avec les États-Unis, a continué de ralentir au premier trimestre. Cependant, la Chine a pris des mesures pour stimuler son économie. Les dépenses d’infrastructures ont augmenté et la banque centrale du pays a réduit les exigences relatives aux réserves obligatoires des banques commerciales afin de stimuler leurs prêts. Le gouvernement espère que la croissance du PIB se stabilisera entre 6,0 % et 6,5 % cette année.

Certains signes montrent que l’économie chinoise se stabilise, comme le fait que l’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier du pays est remonté au-dessus de 50, ce qui indique un retour à l’expansion. Les marchés boursiers du pays ont aussi commencé à se redresser, l’indice CSI300 de la Chine continentale ayant augmenté de 28,7 % au cours du trimestre.

Nous sommes optimistes à l’égard des perspectives à long terme de nombreuses économies émergentes, en raison de leurs facteurs démographiques et de leur situation budgétaire plus solides. De plus, la passivité de la Fed pourrait ralentir la tendance ascendante des taux d’intérêt et de la valeur du dollar américain. Par conséquent, nous surpondérons les marchés émergents.

Perspectives : Pondération neutre des actions en général et sous-pondération des titres de créance

Nous sommes neutres en général à l’égard des actions et des obligations, sauf pour ce qui est des actions américaines et des actions des marchés émergents, que nous surpondérons légèrement.

  • La croissance de l’économie américaine semble encore robuste, et nous surpondérons légèrement les actions américaines.
  • La croissance de l’économie canadienne pourrait ralentir, car les taux d’intérêt plus élevés réduisent les dépenses des consommateurs et amplifient le ralentissement du marché de l’habitation. Nous sous-pondérons légèrement le Canada.
  • Étant donné que le ralentissement de l’économie mondiale, les négociations litigieuses sur le Brexit et les problèmes du système bancaire menacent les marchés européens, nous sous-pondérons les actions européennes et sommes neutres à l’égard de l’ensemble des actions de l’EAFE.
  • Nous surpondérons légèrement les actions des marchés émergents, qui pourraient être avantagées si les banques centrales deviennent plus accommodantes et si la Chine stimule son économie.
  • Nous surpondérons légèrement le dollar américain et sous-pondérons quelque peu le dollar canadien.
  • Nous préférons les liquidités aux obligations, étant donné le faible écart entre leurs rendements. Nous sous-pondérons les obligations à rendement élevé en raison de leur risque élevé.

Nous prévoyons que les taux obligataires augmenteront lentement au Canada et aux États-Unis en 2019. Cependant, étant donné les incertitudes au sein de l’économie mondiale et la hausse possible de la volatilité des marchés, il est important de détenir des obligations pour accroître la stabilité du portefeuille dans des périodes d’incertitude.

Dans l’ensemble, le chemin qui nous attend ne sera pas de tout repos. Nous chercherons des façons de réduire le risque et de tirer profit des possibilités de placement. Pour le moment cependant, nous sommes à l’aise avec le positionnement actuel des Portefeuilles gérés Granite Sun Life.


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