Points saillants

  • Accès de volatilité sur les marchés boursiers
  • Résultats mitigés sur les marchés boursiers
  • La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada relèvent les taux d'intérêt
  • Les prix du pétrole brut montent à un peu plus de 65 $ US le baril
  • Les taux de rendement des obligations augmentent au Canada et aux États-Unis
  • Le dollar canadien recule fortement à un peu moins de 0,78 $ US

La volatilité a bondi durant le trimestre

Exceptionnellement peu volatils en 2017, les marchés boursiers le sont devenus au premier trimestre et les investisseurs doivent se préparer à plus de soubresauts cette année. De fait, après être resté en deçà de 10 pendant la plus grande partie de 2017, l'indice de volatilité du CBOE a atteint près de 25 en moyenne avec des pointes à plus de 40 au premier trimestre. Cette volatilité a perturbé les investisseurs, d'où la liquidation massive sur les marchés boursiers à l'échelle mondiale (graphique 1).

Sur le plan des taux d'intérêt, tant la Banque du Canada que la Réserve fédérale américaine ont procédé à un relèvement – mais pas de la même façon. La BdC a augmenté les taux en janvier, puis a marqué une pause à sa réunion suivante. La Fed a fait le contraire en relevant les taux en mars. Ceci crée de l'incertitude quant au nombre de hausses de taux auxquelles il faut s'attendre dans les deux pays d'ici la fin de l'année.

Aux États-Unis, le président Donald Trump a semblé tirer la première salve d'une guerre commerciale internationale en proposant d'imposer un tarif de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium entrant aux États-Unis Il a ensuite proposé un tarif sur une panoplie d'exportations chinoises d'une valeur de 60 milliards de dollars, ce à quoi la Chine a répliqué en menaçant de faire de même sur 50 milliards de dollars de produits américains.

Ce risque de guerre commerciale a fait retraiter le marché proche de ses creux de février. Cependant, après quelques jours, les actions ont repris presque tout le terrain perdu parce que l'administration Trump a laissé entendre qu'elle était ouverte à des négociations commerciales avec le gouvernement chinois.

Plus tôt durant le trimestre, le président Trump a accepté le principe d'une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en vue de dénucléariser la péninsule coréenne. On ne sait pas exactement comment cela pourrait se faire, mais au moins, les deux leaders parlent posément – au grand soulagement des investisseurs.

Canada, par rapport à 2017, l'économie a créé moins d'emplois en début d'année et les ventes de logements sont restées décevantes, notamment en Ontario. Avec la mise en place de nouvelles règles hypothécaires et trois hausses des taux de la BdC en six mois, les consommateurs font face à une pression croissante. Sans surprise, l'indice composé S&P/TSX a baissé de 4,5 % sur le trimestre (graphique 1).

En Europe, les données économiques restent prometteuses et la confiance des consommateurs demeure élevée. Cependant, les perturbations commerciales que risquent d'entraîner les tarifs proposés par le président Trump pourraient rapidement freiner l'activité.

Les marchés émergents sont restés parmi les plus performants, malgré la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. La majorité des pays émergents continuent d'afficher une forte croissance économique qui a contribué à améliorer les valorisations. Les actions des économies émergentes paraissent encore meilleur marché que celles des économies développées. Dans l'ensemble, la poursuite d'une croissance économique robuste fait penser que les marchés émergents peuvent encore monter, mais que leur progression s'accompagnera vraisemblablement d'une plus grande volatilité.

Liquidation massive sur les marchés boursiers à l'échelle mondiale

Ce graphique compare les rendements des marchés boursiers du monde entier au premier trimestre de 2018.

Source: Bloomberg

L'économie canadienne: contraste marqué entre 2017 et 2018

Comme nous le disions dans notre commentaire de la fin du trimestre précédent, nous nous attendions à un contraste marqué entre 2017 et 2018 au Canada. Les premières indications semblent nous donner raison. Ainsi, les chiffres de l'emploi ont quelque peu déçu et le ralentissement des ventes de logements paraît se poursuivre.

Les prix des logements n'ont pas encore chuté, mais le ralentissement des ventes semble annoncer la possibilité d'une baisse imminente. Par ailleurs, l'ALENA devient plus préoccupant puisque le président Trump continue de citer le Canada parmi les pays avec lesquels il désire négocier une meilleure entente commerciale. Si tel est le cas, un surcroît de pression s'exercera sur l'économie canadienne. De même, la décision du président Trump de lier les tarifs proposés sur l'acier et l'aluminium à la renégociation de l'ALENA pourrait indiquer qu'il cherche en fait à soutirer des concessions au Canada avant d'entériner un accord remanié.

Après les relèvements de taux d'intérêt des derniers mois, nous jugeons positif que la BdC ait marqué une pause et semble repousser la possibilité de nouvelles hausses de taux plus tard cette année. Nous espérons que la BdC laissera les taux inchangés jusqu'à la fin de l'année, ou tout au moins jusqu'à ce que nous soyons mieux fixés quant au sort de l'ALENA.

Le pétrole a été le point fort de l'économie canadienne, se négociant au-dessus de 60 $ US le baril tout au long du trimestre et au-dessus de 62 $ US le baril au moment où nous écrivons ces lignes. Voilà certainement une très bonne nouvelle pour les sociétés pétrolières et, plus important encore, pour l'économie. Cependant, il faut noter que les actions du secteur de l'énergie n'ont pas participé à cette progression des prix pétroliers et sont en baisse depuis le début de l'année (graphique 2).

Par conséquent, nous ne voyons pas beaucoup de potentiel de hausse du côté de l'indice composé S&P/TSX, qui a tiré de l'arrière par rapport aux marchés boursiers étrangers au premier trimestre (graphique 1). L'indice pourrait même baisser à cause d'un ralentissement de l'économie imputable au resserrement de plus en plus marqué de la marge de manœuvre des consommateurs.

Les actions du secteur del'énergie ne suivent pas le mouvement haussierdes prix pétroliers

Ce graphique illustre les rendements des diverses catégories d’actifs de l’indice composé S&P/TSX au premier trimestre de 2018. La première place revient aux technologies de l’information.

Source: Bloomberg

Les taux de rendement des obligations canadiennes évoluent en dents de scie

Les taux de rendement des obligations canadiennes ont légèrement monté au premier trimestre, après que la BdC a relevé les taux d'intérêt. Le taux de l'obligation du Canada à 10 ans a commencé le trimestre à 2,08 % et l'a terminé à 2,09 %. De son côté, le taux de l'obligation du Trésor américain à 10 ans a fortement augmenté tout au long du trimestre, clôturant à 2,74 %, en hausse de 28 points de base. Ce mouvement ascendant aux États-Unis a été provoqué par les baisses d'impôt et le renforcement des données économiques. Nous nous attendons à ce que les taux obligataires continuent d'augmenter dans les deux pays en 2018.

L'économie américaine: le dynamisme pourrait faire monter les marchés

Aux États-Unis, les données économiques fondamentales restent positives et la confiance des consommateurs demeure élevée. Par conséquent, nous persistons dans notre optimisme et ne voyons pour l'instant aucune raison qui pourrait nous faire changer d'avis au cours des prochains trimestres. En effet, les baisses d'impôt récentes aux États-Unis sont susceptibles d'avantager les consommateurs et les entreprises (quoique de façon inégale) et de dynamiser encore la croissance économique.

Dans cette équation, l'inconnue tourne autour de l'offensive du président Trump sur le front du commerce international. Si elle se réalise, l'imposition d'un large éventail de tarifs plus élevés pourrait favoriser l'économie américaine dans un premier temps – contribuant peut-être à faire monter les actions américaines. Cependant, à plus long terme, elle pourrait s'avérer défavorable si d'autres pays répliquent aux États-Unis par leurs propres tarifs qui pourraient faire grimper le prix de nombreux produits.

Les marchés internationaux peuvent encore progresser

L'embellie économique se poursuit dans la zone euro, où le chômage baisse et la confiance des consommateurs reste élevée. L'économie a une large marge de progression, mais les négociations entourant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ne sont toujours pas conclues et l'économie italienne a montré quelques signes de faiblesse. Nous continuons néanmoins de surpondérer les actions européennes, dans lesquelles nous avons toutefois réduit nos positions en raison de l'incertitude entourant les pourparlers commerciaux internationaux..

Les marchés émergents sont restés solides

Les marchés émergents ne montrent aucun signe de ralentissement après leur vigueur exceptionnelle de 2017. Cependant, ils sont devenus plus volatils et n'ont pas tous affiché un rendement positif sur le trimestre. Parmi les principaux marchés émergents, celui de la Chine est resté vigoureux, ce qui peut sembler un peu étonnant vu les tensions commerciales entre ce pays et les États-Unis. Le marché indien a enregistré un résultat négatif (graphique 1), mais les marchés émergents témoignent dans leur ensemble d'une croissance indéniable. Maintenant que l'économie semble évoluer dans la bonne direction en Russie et au Brésil, nous avons augmenté notre exposition aux marchés émergents.

Perspectives: il faut s'attendre à des cours boursiers à la hausse

La croissance économique étant solide à l'échelle mondiale, nous demeurons légèrement optimistes à l'égard des actions en général. Cependant, il faut dire adieu à la volatilité au plus bas dont nous avons profité pendant plusieurs mois l'an dernier.

Aux États-Unis, les baisses d'impôt ont renforcé la confiance des consommateurs, ce qui devrait contribuer à la poursuite de la croissance économique. La création d'emplois va continuer. La Fed pourrait encore relever les taux à deux reprises cette année, sans que cela ralentisse outre mesure la croissance. Les bénéfices des entreprises restent vigoureux, mais nous nous attendons à ce que leur progression commence à ralentir. Nous restons toutefois légèrement optimistes à l'égard des actions américaines.

En Europe, l'économie se porte bien et devrait continuer de s'améliorer. Cependant, nous sommes un peu préoccupés à l'approche de la sortie officielle du Royaume-Uni de l'UE, dont les modalités devraient être fixées plus tard cette année. Tout en étant légèrement optimistes à l'égard des actions européennes, nous avons réduit nos positions au cours du trimestre.

Au Canada, nous avons assisté à l'émergence de risques pour la croissance. Ainsi, les ventes de logements ralentissent et les consommateurs pourraient à leur tour réduire leurs dépenses. Qui plus est, une grande incertitude entoure l'ALENA et les entreprises pourraient freiner leurs investissements jusqu'à ce que le sort de cet accord soit connu. Par conséquent, malgré l'optimisme que nous inspire le secteur énergétique canadien, nous avons accentué la sous-pondération du Canada.

Les marchés émergents ont affiché des rendements vigoureux sur le trimestre et nous sommes encore à l'aise avec leurs valorisations. Hormis une forte montée du dollar américain ou le déclenchement d'une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, nous ne voyons guère de risque de baisse à court terme et avons accentué la surpondération des marchés émergents.

Du côté des titres à revenu fixe, le dollar canadien a clôturé le trimestre tout juste au-dessous de 0,78 $ US et il pourrait chuter davantage. En effet, on s'attend à ce que la Fed relève les taux au moins deux fois d'ici la fin de l'année, tandis que l'incertitude entourant l'économie canadienne pourrait limiter la capacité de la BdC de lui emboîter le pas. Cette conjoncture est susceptible d'accentuer la pression à la baisse sur le dollar canadien vis-à-vis de la devise américaine.

Les taux de rendement des obligations devraient continuer de monter au Canada et aux États-Unis en 2018, ce qui risque d'être négatif pour les marchés obligataires. Ceci dit, vu la volatilité croissante des marchés boursiers, les obligations conservent une place précieuse à l'intérieur des portefeuilles.

Globalement, nous sommes optimistes à l'égard de l'économie mondiale, bien que nous observions quelques signes annonciateurs d'une fin possible du long marché haussier qui a débuté le 9 mars 2009. Pour l'instant, les actions nous inspirent un léger optimisme, surtout du côté des marchés étrangers. Nous sommes moins confiants à l'égard des obligations.

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