Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté en faveur d’un départ de l’Union européenne. Il en est résulté quatre années de convulsions politiques qui ont coûté leur poste à deux premiers ministres et laissé planer un doute corrosif sur l’économie européenne. Le premier ministre actuel, Boris Johnson, a finalement réglé la question en remportant une majorité en décembre et en sortant officiellement le pays de l’UE le 31 janvier. Le Royaume-Uni doit maintenant s’atteler à une tâche difficile : le pays a un an pour conclure un accord commercial complet avec l’UE tout en conservant le droit de conclure de nouvelles ententes commerciales avec d’autres pays.

Des négociations ardues à l’horizon

Actuellement, environ 47 % des exportations du Royaume-Uni sont destinées à l’UE. La principale priorité du gouvernement Johnson est donc de négocier un accord commercial complet préservant la position d’exportation du pays et lui assurant le plus large accès commercial possible à l’UE.

Cependant, le premier ministre, qui a l’appui des partisans d’un Brexit dur au sein de son caucus, a clairement indiqué que le Royaume-Uni devra sortir de l’union douanière et du marché unique d’ici le 31 décembre 2020, avec ou sans accord. Faute d’en arriver à une entente, bon nombre des craintes de dislocation économique qui ont divisé les Britanniques et miné l’économie européenne pourraient ressurgir.

Bien que le pays ait un an pour préparer sa sortie de l’UE, la Banque d’Angleterre a déjà prévenu qu’un départ sans accord commercial pourrait entraîner une contraction de plus de 8 % de l’économie du pays sur une période de 12 mois. Par ailleurs, le Royaume-Uni pourrait devoir verser 20 milliards de livres sterling à l’UE au titre des engagements à financement partagé.

Sera-t-il possible de parvenir à un accord commercial global d’ici la fin de l’année? Seul l’avenir nous le dira. Notons toutefois que l’UE, qui doit préserver l’intégrité de sa propre union douanière, pourrait mettre des mois à convenir d’un mandat de négociation officiel. De plus, la stratégie de négociation choisie par l’UE devra être entérinée par les 27 pays représentés au Parlement européen – consensus qui pourrait être difficile à obtenir.

Un départ sans accord

Pour satisfaire les partisans d’un Brexit dur au sein de son parti, le premier ministre Johnson a martelé qu’il ne demanderait pas de prolongation de la période de transition si aucun accord commercial n’est ratifié d’ici la fin de l’année. Or, sans une telle entente, les exportations britanniques vers l’UE seraient assujetties aux règles de l’Organisation mondiale du commerce. L’UE leur appliquerait les tarifs de l’OMC comme elle le fait avec le reste du monde, privant ainsi le Royaume-Uni des tarifs nuls dont il bénéficie actuellement.

Pour apaiser la crainte d’un Brexit dur, Boris Johnson a souligné que le Royaume-Uni part d’une situation où il respecte déjà les règles douanières de l’UE, ce qui simplifiera les négociations. Pourtant, les Britanniques sont notamment sortis de l’UE pour avoir la latitude de conclure des ententes commerciales avec d’autres pays. Ceci risque d’obliger le Royaume-Uni à s’écarter de la réglementation commerciale de l’UE – éventualité que l’UE pourrait considérer rédhibitoire et tenter d’exclure dans tout accord commercial conclu avec le pays.

La question de la frontière irlandaise

Le Royaume-Uni quittant officiellement l’UE, la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord devient la seule frontière terrestre entre le pays et l’UE. Cependant, en l’état actuel des choses, il ne s’agira pas d’une frontière physique. Les deux parties ont convenu que les biens traversant la frontière entre les deux régions de l’Irlande ne feraient l’objet d’aucun contrôle.

Pour que cela soit possible, l’Irlande du Nord continuera de suivre les règles de l’UE concernant l’importation de biens agricoles et manufacturés. Le reste du Royaume-Uni en sera toutefois exclu. De même, une fois que le Royaume-Uni sera sorti de l’union douanière actuelle, l’Irlande du Nord fera respecter le code douanier de l’UE à ses ports.

D’autres questions difficiles à régler

Il n’y a pas qu’une entente commerciale à conclure. Le Royaume-Uni et l’UE doivent aussi convenir de la façon dont ils aborderont de concert les nombreux défis de sécurité de notre époque, comme la menace posée par Daech. De plus, le Royaume-Uni a indiqué que les citoyens de l’UE arrivant à ses frontières seront soumis à des vérifications plus strictes que ce qu’exigent les règles actuelles de libre circulation. De même, il reste à déterminer les droits des ressortissants de l’UE habitant au Royaume-Uni et vice versa.

L’approche des Portefeuilles Granite Sun Life

Malgré qu’il reste encore du chemin à faire, le déroulement du Brexit commence à se préciser et l’économie européenne pourrait donner quelques signes d’embellie sous l’effet d’une possible augmentation des dépenses d’investissement. Nous sommes également plus optimistes à l’égard du secteur bancaire européen, qui pourrait se trouver aux premières loges d’une reprise économique en Europe. De plus, les valorisations boursières sont généralement moins élevées en Europe qu’ailleurs dans le monde – notamment aux États-Unis. C’est dans ce contexte que nous avons décidé de faire passer les actions européennes de la sous-pondération à une légère surpondération en 2019.


Le présent commentaire contient des renseignements sommaires publiés à titre indicatif par Placements mondiaux Sun Life (Canada) inc. Bien qu’il ait été préparé à partir de sources considérées comme fiables, Placements mondiaux Sun Life (Canada) inc. ne peut en garantir l’exactitude ou l’exhaustivité. Ce document vise à fournir des renseignements généraux qui ne doivent pas être considérés comme des conseils de placement ou des conseils financiers, fiscaux ou juridiques s’appliquant à des cas particuliers. Les points de vue exprimés sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement l’opinion de Placements mondiaux Sun Life (Canada) inc. Il est à noter que les énoncés prospectifs contenus dans ce commentaire sont de nature spéculative et il est déconseillé de s’y fier. Rien ne garantit que les événements envisagés dans ces énoncés auront lieu, ou qu’ils se dérouleront de la manière prévue. Veuillez obtenir l’avis d’un conseiller professionnel avant de prendre une décision en fonction des renseignements qui figurent dans ce commentaire.

© Placements mondiaux Sun Life (Canada) inc., 2020. La société Placements mondiaux Sun Life (Canada) inc. est membre du groupe Financière Sun Life.