Le marché a d’abord frôlé un sommet record après que la Maison-Blanche a annoncé le report de l’imposition de tarifs additionnels visant les importations chinoises. Le marché s’est ensuite replié lorsque la courbe des taux s’est inversée, signalant le risque accru d’une récession mondiale ainsi que la fin potentielle du plus long marché haussier de l’histoire. Cela s’inscrit dans un contexte de dégradation du contexte économique et politique, marqué par le ralentissement de la croissance en Chine, la contraction de l’économie allemande et la paralysie du Brexit en Europe.

Dans un contexte de montée du nationalisme et du protectionnisme à l’échelle mondiale, le marché a évolué en fonction des nouvelles concernant le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Au début du mois, l’annonce concernant l’imposition par les États-Unis de tarifs sur une tranche supplémentaire de 300 milliards de dollars d’importations chinoises a entraîné un repli de 3 % en un seul jour. Le marché craint que la guerre commerciale ne soit pas qu’un bras de fer politique entre les deux principales économies mondiales, et ait un impact sur la croissance économique.

Ces craintes pourraient être justifiées. L’économie chinoise est un baromètre pour la plupart des autres économies. Récemment, des signes évidents de faiblesse ont été observés. La production industrielle chinoise ralentit, le taux de chômage grimpe et la croissance des ventes au détail (mesure de la confiance des consommateurs) s’est établie à 7,6 % en juillet, contre 9,8 % en juin.

L’Union européenne (UE), qui a constaté la chute des exportations vers la Chine ainsi que la contraction économique, est particulièrement vulnérable. Le PIB de l’Allemagne, le principal exportateur européen de produits manufacturés vers la Chine, a reculé de 0,1 % au cours des cinq premiers mois de l’année. De plus, l’impasse du Brexit continue de peser sur l’économie de l’UE. La promesse de sortie du Royaume-Uni de l’UE (avec ou sans accord) faite par le premier ministre Boris Johnson accroît l’incertitude et nuit aux investissements.

L’économie américaine, qui progresse depuis une décennie, se comporte relativement bien, soutenue par une croissance robuste de l’emploi et une confiance élevée des consommateurs. La croissance économique annuelle s’est toutefois repliée, à 2,1 % au deuxième trimestre contre 3,1 % durant les trois premiers mois de 2019. Une baisse de 5,2 % des exportations a contribué au ralentissement. Comme le graphique ci-dessous le démontre, la guerre commerciale érode aussi l’économie américaine et possiblement les prévisions de bénéfices des sociétés.

Les États-Unis souffrent de la guerre tarifaire

Réduction du PIB américain résultant des tarifs imposés par les États-Unis à la Chine (imposée et menacée)

Source : Bloomberg.

Les banques centrales à la rescousse du marché boursier?

Nous surveillons de près les mesures prises par les banques centrales (et l’évolution des politiques à l’échelle mondiale) pour minimiser les risques commerciaux ainsi que le ralentissement cyclique déjà en cours.

À ces fins, de plus en plus de banques centrales réduisent leurs taux ou maintiennent des taux très bas (voire négatifs). La Banque du Japon a notamment signalé son intention de maintenir son taux directeur à -0,10 %. La Banque centrale européenne a clairement indiqué son intention de réduire son taux directeur (actuellement à 0,40 %) en septembre et de le maintenir pendant une certaine période. Jusqu’à présent, la Banque du Canada fait exception, mais pourrait réduire les taux lors de sa réunion de septembre.

Nous croyons que l’orientation que prendra le marché au cours des prochains mois dépend peut-être de la Réserve fédérale américaine. Au début du mois de juin, le président de la Fed, Jerome Powell, a lancé le marché sur une pente ascendante en laissant entendre que son institution pourrait abaisser les taux d’intérêt si les conflits commerciaux finissaient par ralentir la croissance économique américaine.

Le marché a immédiatement escompté jusqu’à trois baisses de taux de 25 pb. Le président Powell a réduit le taux des fonds fédéraux d’un quart de point de pourcentage le 31 juillet. Selon les responsables de la Fed, cette réduction est attribuable à la faiblesse des investissements des entreprises et de l’inflation (inférieure à la cible de 2 % de la banque centrale).

Le président américain Donald Trump n’a pas cessé ses attaques à l’endroit du président Powell, demandant à la Fed d’accélérer la réduction des taux. Le président de la Fed a affirmé que les décisions de la Fed reposeront sur l’économie, et non la politique. Nous croyons que la Fed abaissera ses taux au moins une fois de plus cette année (selon l’ampleur du ralentissement de l’économie mondiale).

Toutefois, la grande question demeure : en cas de dégagement massif, la Fed et les autres banques centrales réduiront-elles les taux de façon considérable? Autrement dit, la santé du marché influencera-t-elle la politique monétaire au cours des prochains mois? Les marchés semblent de cet avis, et ont intégré plusieurs réductions de taux (voir le graphique ci-dessous). Cela représente un risque, puisque la volatilité pourrait augmenter si l’intervention des banques est insuffisante.

Les marchés sont-ils trop optimistes à l’égard des baisses de taux?

Projections du marché sur les taux d'intérêt

Notez: Prix basé sur le taux de swap sur indice au jour le jour.
Source : Bloomberg.

Ce que révèle l’inversion de la courbe des taux

Nous avons observé une fuite vers les actifs de qualité, comme les obligations du Trésor américain, ainsi que le billet vert et d’autres devises dominantes. Après la publication de données (le 14 août) indiquant le ralentissement des économies chinoise et allemande, les obligations se sont redressées à titre de valeurs refuges et dans l’anticipation d’une baisse des taux d’intérêt.

La courbe des taux (écart entre les taux des obligations à court et à long terme) s’est stabilisée pendant un certain temps, puis les taux ont chuté (taux de l’obligation du Trésor à 10 ans inférieur d’environ un pb à celui de l’obligation à 2 ans). L’inversion a été de courte durée, l’obligation du Trésor à 2 ans ayant clôturé à 1,592 %, en baisse de 7,5 pb, contre 1,596 % pour l’obligation du Trésor à 10 ans, en baisse de 8,2 pb.

Une inversion de la courbe 10 ans — 2 ans a précédé les sept dernières récessions, y compris celle de 2008-2009. Constat encore plus éloquent, le taux de l’obligation du Trésor américain à 30 ans a atteint un creux record, à 2,0139 %. Cela semble indiquer que le marché n’intègre aucune hausse des taux d’intérêt au cours des prochains mois et qu’il existe un risque de récession mondiale.

Nous ne croyons pas qu’une récession soit inévitable, en particulier aux États-Unis, où les fondamentaux (principalement du côté de la consommation) semblent relativement solides par rapport à ceux d’autres marchés. Historiquement, une récession est généralement survenue 8 à 24 mois après une inversion de la courbe des taux. Bien que les marchés soient préoccupés (à juste titre) par la détérioration des données économiques, le risque de récession en 2019 pourrait être très faible.

Toutefois, la guerre commerciale se poursuit alors qu’aucun opposant ne semble faire marche arrière, sur fond d’aggravation du conflit politique. L’avenir est incertain.

Inversion de la courbe des taux : signe d’une récession?

Quand l’écart entre le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans et à 2 ans s’inverse, une récession suit souvent

Source : Bloomberg.

Conflits politiques, cygnes noirs et incertitude des marchés

Les images d’un exercice antiémeute de militaires chinois aux portes de Hong Kong témoignent des divisions politiques et de l’incertitude des marchés.

L’impasse du Brexit persiste et les États-Unis soutiennent l’éclatement de l’Europe. Le premier ministre de l’Inde, Narendra Modi a révoqué l’autonomie constitutionnelle d’une partie du Cachemire. La Corée du Nord poursuit ses tirs de missiles tandis que l’Iran réévalue son programme nucléaire.

Constatation la plus significative : les États-Unis — pilier de la stabilité économique depuis la Deuxième Guerre mondiale — sont dirigés par un président qui est en désaccord avec de nombreuses institutions américaines et alliances internationales. En plus de la Chine (un adversaire), l’Europe (et son important secteur automobile) est également visée par les menaces d’imposition de tarifs de l’administration Trump.

L’un de ces enjeux pourrait-il déstabiliser davantage le marché? Seul l’avenir nous le dira.

Positionnement des Portefeuilles Granite Sun Life dans un contexte incertain

Le dégagement n’a pas modifié nos perspectives généralement prudentes pour les prochains mois. À notre avis, la volatilité récente du marché reflète la détérioration des fondamentaux économiques plutôt qu’une occasion d’achat intéressante sur le marché boursier. Par conséquent, nous continuons de sous-pondérer les actions en général et les titres à revenu fixe de qualité moindre, mais à rendement élevé. 

Du côté des actions, nous avons privilégié les actions américaines à forte capitalisation, généralement de meilleure qualité et affichant une progression robuste des bénéfices. Cela dit, nous avons commencé à réduire leur surpondération en raison des valorisations et de la forte concentration d’investisseurs dans ce secteur. Nous avons également étoffé nos positions dans des secteurs défensifs comme les services publics, l’immobilier et la consommation de base. 

Du côté des titres à revenu fixe, nous envisageons d’étoffer le compartiment des titres de créance des marchés émergents. Nous croyons que ce secteur pourrait être davantage soutenu en raison de la faiblesse des rendements caractérisant la majeure partie du marché mondial des titres à revenu fixe.

Nous conservons des liquidités et surpondérons les obligations de bonne qualité, qui nous procureront la souplesse et la liquidité nécessaires pour saisir les occasions qui se présentent. 

Notre approche tactique permet à l’équipe de gestion de portefeuille de PMSL d’apporter rapidement des ajustements au portefeuille en fonction du contexte volatil. Cela peut comprendre le recours à des couvertures ou d’autres mesures de protection contre les risques de baisse. Cela nous permet également de saisir les occasions qui se présentent en cas de dégagement.

De plus, les Portefeuilles Granite Sun Life sont bien diversifiés du point de vue des catégories d’actif (actions, obligations et catégories d’actif non traditionnelles) et des régions. Cela permet d’atténuer les chocs liés à une région ou à une catégorie d’actif particulière.

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